04 juin 2010

Stingray back-stage

Parmi les avantages de la vie au Japon, il y a entre autres la possibilité de faire des choses auxquelles je n’aurais jamais pensé en France, ou que je n’aurais pu faire par manque de relations.

Jusqu’à maintenant, j’avais eu l’occasion de passer à la télé locale lors de mon premier séjour au Japon. Je me souviens aussi d’avoir vu mon nom dans un article d’une gazette du département Ishikawa. Plus récemment, j’ai pu faire “gardien à l’entrée d’un club privé” et chanteur amateur en cabaret. Plus récemment encore, j’ai vu mon nom dans un journal à grand tirage, le Chûnichi Shimbun, suite à une interview demandée par un journaliste spécialisé sur l’Europe.

Cette fois-ci, j’ai profité du peu de relations que j’ai pour intégrer l’équipe d’une chanteuse semi-pro. Je me suis donc présenté en costume gris au hall du Grand Théâtre départemental. Le personnel semblait ébahi. “Pourquoi un gaijin se présente-t-il ici alors que c’est fermé au public ? ” Puis, ils m’on vu sortir un badge “STAFF”. Ils ont attendu un certain temps avant que l’un deux vienne m’interroger sur mon statut.

Alors, ma première impression, c’est le regard soutenu des passants. Un gaijin en costume gris, on peut passer à côté sans faire attention, mais un gaijin au garde à vous, posté à l’entrée d’un théâtre, avec un badge officiel, cela attire le regard des curieux. Ainsi jusqu’à l’ouverture du guichet, j’ai eu l’impression d’être l’attraction locale (rien d’inhabituel, donc). 

Le public est arrivé une heure avant l’ouverture du guichet. Il a fallu gérer différents profils : les gens se trompant d’adresse, de date, ainsi que les curieux non intéressés par le concert. Ensuite sont arrivés quelques personnalités qui sont venues me saluer sous le regard étonné des employés du théâtre, parce qu’entre ma prestation au cabaret et quelques “soirées de l’ambassadeur”, il se trouve que dans ce milieu les gens commencent à me reconnaître. Nagoya, c’est la 4e ville du Japon mais sur certains points, c’est petit.

J’ai pu tester l’étendue du badge “STAFF” en allant un peu partout, du bureau des employés, au coulisses, jusqu’à la loge des artistes. A aucun moment, je n’ai du justifier la raison de ma présence, malgré leur étonnement constant de devoir travailler à mes côtés.

Globalement, les missions qu’on nous donnait relevaient du jeu d’enfant, mais j’ai parfois eu honte de certaines de mes expressions, trop directes. On ne parle pas à des clients comme à des voisins de palier. Sur ce point, il va falloir revoir mes connaissances concernant le langage poli.

Certaines connaissances ne m’ont même pas reconnu alors que j’étais devant leurs yeux. Selon eux, j’étais un salaryman japonais. Je leur ai expliqué que ce sont les salarymen japonais qui portent des vêtements occidentaux et non moi qui m’habille en japonais.

Il y a eu quelques imprévus : 30 minutes avant l’ouverture, quelqu’un est arrivé avec une tâche à nous confier avant que les gens entrent dans la salle ; le genre de travail minutieux qu’il faut faire assis au calme, et pas debout dans un hall sous les projecteurs. Ce qui m’a étonné, c’est que malgré la pression, le stress du peu de temps restant, l’arrivée progressive des spectateurs, les employés sont restés très concentrés sur leur tâche sans broncher. Pour faire la même chose en France, il y aurait nécessairement eu des réflexions du genre “pourquoi on nous demande ça que maintenant?” “on finira jamais à temps”…. On a finalement accompli notre mission à la seconde près, “girigiri” comme on dit.

Etant quasiment à mon compte, je suis peu accoutumé à bosser en équipe, japonaise de surcroît. C’était pour moi l’occasion d’observer des comportements entre collègues, avec la hiérarchie et les autres services. On détecte très facilement les leaders, surexcités et omniprésents. Une fois qu’on s’est fait respecté d’eux, le comportement des autres suit. 

Lorsque le producteur et mari de la chanteuse est arrivé, la garde à vous était général. Il est tout de suite venu me serrer la main pour me remercier pour de petits services rendus (correction de la prononciation des mots français avant l’enregistrement). Vraiment, les employés japonais sont de vrais Louis de Funès ; ils ne m’accordent leur respect que parce que des gens importants sont venus me saluer….

Après le concert, il a fallu courir dans tous les sens. Je suis allé dans les loges, où une fille s’est mise à me parler en chinois. Je ne l’ai même pas calculée. Je me suis dit “ C’est quoi cette hystérique ?!” Un peu plus tard, elle s’est repointée devant moi et s’est présentée. Comme je ne l’écoutais qu’à moitié et que je ne la regardais pas plus de 2 secondes, elle se demandait si je comprenais le japonais. Ce n’est que quelques instants plus tard, que je me suis dit qu’elle devait nécessairement me connaître. Je n’avais pas l’air malin de lui avoir fait subir un “boycott” à ma façon. Heureusement, j’ai pu rattraper mon manque de tact autour d’une table avec quelques boissons fermentées.

Finalement, ce fut une expérience intéressante, même si je regrette un peu qu’on me pousse à chaque fois à passer sur scène alors que je ne suis ni chanteur ni musicien. On voudrait que je forme des duos, que je participe à des concours, que je traduise des chansons…

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05 décembre 2009

La soirée après la soirée, après la soirée...

Ces derniers temps, je sors plus souvent qu’à mon habitude. Il faut croire que le Japon a réussi à grogner sur ma nature pantouflarde. Il y a aussi le fait que j’ai attendu de nombreuses années avant de venir au Japon. Rester trop longtemps à la maison doit peut-être me faire culpabiliser inconsciemment. Il y a tellement de choses à voir, de gens bizarres à analyser, de nourritures chimiques à découvrir et de lieux louches à visiter que maintenant, je refuse rarement de sortir… c’est toujours rigolo de voir un Japonais bourré après deux verres.

Soirée numéro 1.

Cette soirée, à laquelle j’ai été convié, rassemble le petit gratin de la ville, composé principalement de “ Narikin ” (parvenus) : Directeurs d’entreprise, chefs d’école artistique, musiciens, bourgeoises… et pour faire bien, quelques étrangers pour le côté “ nous, on a des gaijins dans notre carnet d’adresse et pas vous ” . Les invités arrivent les uns après les autres par la route : ils sont déposés par un taxi ou une Lexus (Toyota haut de gamme, pour l’élite qui se la pète). A l’entrée, pas de videurs, mais des hôtesses offrant une flûte de champagne. Une fois à l’intérieur, on fait connaissance avec diverses personnes. J’ai remarqué que les Bourgeoises ignoraient fièrement les étrangers ici présents. Les seuls qui s’approchaient de nous étaient des chefs d’entreprise pour nous montrer leur réussite professionnelle, et nous raconter qu’ils avaient dans leur staff quelques étrangers. Après quelques questions, il était facile de comprendre qu’ils ne connaissaient même pas ces mêmes collègues avec lesquels ils bossent pourtant depuis plusieurs années…  Un certain directeur prend ensuite la parole pour faire un speech long et ennuyant alors qu’il n’est ni l’organisateur ni le bénéficiaire de l’événement. Là aussi, il est important de donner la place à ce personnage, dont la réussite insolente fait beaucoup d’envieux. Il aurait même reçu la Légion d’Honneur en France juste pour avoir fait des lentilles de contact. (ahh..les médailles, on les donne vraiment à n’importe qui, de nos jours). Là, où je dis “chapeau”, c’est pour le buffet froid. Escargots, jambon cru italien…. ça change des premiers prix. Je me suis bien gavé. Ensuite, les organisateurs ont proposé un quizz. On a choisi un gaijin pour poser une question en anglais. J’ai tout de suite décliné quand on me l’a proposé. Lorsque la question est posée, c’est le silence. Alors, là, je me dis, soit ils sont en train de réfléchir à la réponse, soit ils n’ont pas compris la question. Pourtant, c’était si simple qu’avec mon anglais “ niveau lycée ” et mes connaissances générales, j’ai tout de suite compris que la réponse était “ les chutes du Niagara ”. Assis à côté d’une bourgeoise souffrant d’un embonpoint qui sied mal à une Japonaise, je lui souffle : “ En fait, la réponse c’est "Les chutes du Niagara" '”. Et, là, tout à coup, elle se lève et hurle “ Les chutes du Niagara !!! ”. Elle hurle sa joie et va chercher son prix à la tribune. Je reste abasourdi. Elle repasse devant moi avec son sac rempli de cadeaux et je ne revois plus l’énergumène de la soirée.  Curieusement, je suis resté muet lors des questions suivantes. J’avais oublié que malgré leurs richesses, les parvenus étaient prêts à tout même pour gagner un quelconque sac avec quelques babioles dedans….  La soirée se finit avec une chanson imposée à tous : “ We are the World “ C’est-y pas beau ce sentiment communautaire sans frontière ?? Tous unis dans une société consumériste et superficielle ?

Soirée numéro 2.(Nijikai)

J’ai fini par comprendre pourquoi les soirées commencent si tôt ici. C’est parce qu’il y a beaucoup de personnes âgées. Ils viennent tôt et repartent tôt et rentrent chez eux selon ce que j’appelle des heures chrétiennes, pour retrouver leurs petits chaussons et boire leur camomille avant un bon somme à 21h… (Avec le vieillissement de la population japonaise, je ne serais pas étonné un jour d’être convoqué à 14h pour une soirée)

Lorsque le signal du Nijikai est donné, un cortège de taxi (et quelques Lexus) vient récupérer nos invités les plus âgés. Reste une vingtaine de convives, prêts à continuer la fête. 5 taxis sont dépêchés pour nous conduire jusqu’au prochain lieu des festivités. Les gaijins sont réunis dans le même taxi. Je constate déjà quelques dérapages : 2 anglo-saxons ont abusé des breuvages fermentés et lâchent des propos qui pourraient mettre en péril leur carrière au Japon. La règle numéro 1 quand on enseigne dans un établissement, c’est justement de ne jamais chercher à “consommer” ses élèves, ou alors ça ne se dit pas en public. Enfin, bref, on arrive dans un restaurant français. On est dispatché sur chaque table. Voyant les convives d’une table au fond, je me dis, “ chouette, des mamies “, elles doivent être polies, prévenantes et généreuses. Je demande si une place est libre (et, elle l’est).  Là, je suis accueilli froidement. On me dit que non. C’est la place d’untel. Or, cette personne est actuellement assise ailleurs. Je regarde autour de moi, les places sont presque toutes prises. Il s’agit de rebondir vite pour ne pas se retrouver comme un con sans place, alors je lance “Très bien, je vais m’asseoir là, le temps qu’elle revienne”. En fait, c’était un petit club. Ce petit groupe de femmes était bien singulier à mon goût : 4x,5x et 6x ans. 3 générations étaient présentes dans ce petit groupe, qui finalement ressemblait plus à une association de malfaiteurs. Chacune avait un maquillage en décalage avec son âge réel et elles portaient toutes un signe extérieur de richesse différent : kimono pour l’une, robe de soirée extravagante et bijoux bien en évidence pour les 2 autres. Celle qui semblait être le leader du groupe commence à commander un plateau de fromage et se met à commenter la carte en montrant aux autres qu’elle s’y connaît en fromage. C’est là que j’arrive avec mes gros sabots de Franchouillard. Elle a voulu parler frometon, eh ben, on va parler frometon. Je commente tous ses choix et lui explique l’origine du camembert. Ne pouvant ni confirmer ni démentir, elle décide de ne plus parler de fromage… Un peu de silence à table, cela me permet de manger tranquillement. Puis, Un convive vient saluer notre table. C’est un artiste vêtu d’un Hakama original (ce qui laisse présager un homme fortuné). Il nous explique qu’il a acheté le pavillon du Premier Ministre actuel. Les mamies s’extasient, le flattent et le supplient pour qu’il les y invite un jour. Une fois retourné à sa table, les mamies jaugent cet homme. “ Il a une belle situation ! ” Puis, une lance froidement : “ laissez tomber, les filles. Il est très riche, mais il est pédé comme un phoque ”. Je trouve que ces femmes ne manquent pas d’audace. Mariées et ayant déjà fait beaucoup de route, elles espèrent pourtant être remarquées par des hommes riches, pour des soirées, et plus, si affinités. Elles surestiment leurs charmes. Au Japon, les hommes préfèrent les femmes à peine sorties du moule. Je pense qu’elles sont en plein trip. Finalement, elles oublient complètement que je comprends le japonais et continuent leurs conspirations et leurs échanges de ragots tout en faisant comme si je n’étais pas là. Je me régale devant autant de conneries, ragots au niveau de la ceintures, projets qui resteront sans suite….

Là, maintenant, il est plus de 22h. Il est temps de rentrer les vieux et autres pantouflards. Il reste en tout et pour tout, 3 hommes. Difficile de faire une fête avec ça, pourtant le convive japonais insiste. Il nous propose de le rejoindre dans un bar où il connaît quelqu’un. Il hésite un moment, et nous demande combien on est prêts à mettre. Là, ça sent le piège. Il nous dit un prix. On se regarde. “ C’est un bar qui fait des cocktails à base de millésimes très rares ? “.

Soirée numéro 3. (Sanjikai)

Direction Nishiki, le quartier de toutes les folies. On entre dans un immeuble qui donne sur un étage curieux où les fenêtres sont absentes. Une porte s’ouvre. On entre et là, je m’arrête net. Il est déjà trop tard. On est dans la place et l’accueil vient de commencer. C’est un club d’hôtesses. Ce n’est pas le fait d’y entrer qui m’a perturbé, mais le fait que le Japonais n’ait pas clairement expliqué où il nous emmenait. Il m’a bien eu sur le coup. Il devait se douter que j’aurais refusé. On prend une table et rapidement, une jeune demoiselle en cuir rouge vient s’asseoir à nos côtés. Elle devait avoir pas plus de 22 ans. Une autre vient la rejoindre et divertit l’autre convive occidental. Rassurée par le fait que je comprends le japonais, on fait connaissance. Elle boit mes paroles et tout la fait rire. A chaque fois qu’elle pouffe de rire, elle pose sa main sur mon genou ! Ah ben, on est déjà amis ?? C’est sans doute le genre de contact que cherche la clientèle japonaise. La demoiselle (Michiko ?) s’excuse subitement et me dit qu’elle doit s’absenter car elle doit se préparer pour danser. (???!!!) Après, ça commence à devenir très drôle. La Mama de l’établissement baisse l’éclairage et allume les strobos. 3 filles passent dans l’unique couloir entre les tables. Chacune leur tour, elles interprètent une chorégraphie courte vêtue. L’une d’elle semble être une étrangère, une Brésilienne au visage pas très gracieux, mais à la plastique sportive. Ce n’est qu’après que l’autre occidental, plus observateur que moi, m’avertit de prendre garde à ce travesti. Il avait de suite remarqué la pomme d’Adam. La Mama décide de faire monter l’ambiance pour que les clients dansent au corps à corps avec les demoiselles (et le travesti !!). Voilà qu’on se retrouve à sautiller sur de la dance dans le couloir élargi (car la Mama a poussé quelques tables). Un client bien éméché décide de retirer son pantalon et sa chemise et danse….. en string !!! Euh, ce salaryman semble être ce qu’on appelle un “ sakura “, faux client payé par l’établissement. Alors, là, les clients sont bien chauds et j’hallucine pendant la scène suivante : le travesti danse et égoutte une bougie sur les bras des clients !!!! Je pensais être arrivé au bout de mes surprises. La Mama sort du film étirable (celui-là même qu’on utilise en cuisine pour recouvrir des plats) et fait des bisous sur la bouche des clients avec ce film devant la bouche. Qu’est-ce qui m’a pris de ne pas avoir pris mon appareil photo.

Une fois le spectacle terminé, les filles viennent s’installer à notre table. Michiko se trouve cette fois-ci entre moi et le Japonais. Celui-ci est bien chaud suite aux derniers événements et quelques verres de trop. Il entreprend un contact physique avec la petite, qui pourrait être sa fille. Elle est carrément enserrée avec une main sur l’épaule dénudée et l’autre sur le genou. Il commence à la caresser et étant allé trop loin, elle se met à appeler au secours. Faut pas déconner à ces moments-là. Au fond de la salle, il y a un petit local où est assis un Coréen du milieu. Le milieu. Ce milieu avec lequel il faut pas trop rigoler. On aurait vite fait de se retrouver la gueule en sang sur le trottoir. J’enlève les mains du Japonais du corps de la demoiselle. La situation se désenvenime et on retrouve rapidement l’ambiance du début. La soirée passe vite et on se retrouve derniers clients. Les filles ayant fini leur taff viennent toutes à notre table. J’apprends que le travesti vient en fait du Texas et non du Brésil. C’est curieux ce préjugé que j’ai de penser que les gens moches sont souvent brésiliens. C’est le moment le plus intéressant de la soirée car les filles ne peuvent plus nous faire consommer de boissons. Elles ont fini leur comédie et parlent assez franchement. J’apprends qu’en fait, elles ont toutes diverses activités, études, boulot, école de danse… et que pour arrondir les fins de mois elles font ce travail. A part la petite Michiko qui semble attirer les faveurs de tous les clients, ces filles ont un physique assez commun. Dans la rue, on aurait du mal à imaginer qu’elles viennent ici. Là où j’éprouve un certain respect, c’est que leurs journées de travail sont vraiment longues. Bosser de jour et de nuit, c’est pas quelque chose que je pourrais faire…

Soirée numéro 4. (yonjikai)

La Mama ferme boutique. On est encore sur pied malgré les verres engloutis ce soir. Le Japonais propose donc une soirée juste à 4 au comptoir d’un bar du même quartier. On approche des 2 heures du mat. Je ne sais pas ce qui a pu se passer ensuite, j’ai décliné la proposition.  Je les imagine bien en train de danser en string, le corps recouvert de cire rouge et s’entre-embrassant derrière du film étirable alimentaire…

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09 mai 2009

Soirées arrosées

En décembre, il y a des bônenkai. En janvier, il y a des shinnenkai. Ces soirées rassemblent un groupe de collègues autour d'un dîner bien arrosé pour officiellement célébrer l'entrée dans une nouvelle année laborieuse. C'est surtout l'occasion de se lâcher entre collègues, on décharge une pression accumulée...

J'avais jusqu'ici expérimenté quelques bônenkai, mais cette année, je découvre une autre période propice aux soirées arrosées : mars et avril. Quand on touche un peu au secteur de l'enseignement, mars n'est pas un mois comme les autres. C'est le dernier mois de l'année scolaire. Alors, pour répondre aux attentes des élèves, il faut marquer le coup.  L'année dernière, ils avaient été gentils et avaient proposé un restau italien assez simple.
J'ai pu découvrir que certaines de mes élèves étaient assez portées sur l'alcool et en particulier le vin français. D'autre part, une fois le 2e verre avalé, les visages rosissent, les langues se délient, et on voit apparaître des caractères insoupçonnés....
Cette année, ils ont vu que j'avais fini par m'habituer, alors ils ont directement visé l'izakaya (lieu privilégié pour une beuverie organisée). La nourriture n'était là que pour accompagner les nombreux vins. Certains avaient même apporté leur guide des vins français avec présentation des millésimes les plus goûteux. J'ai remarqué qu'à chaque fois, quelqu'un finissait par renverser un verre, soit sur la nappe, soit sur des vêtements.

Enfin bref, je découvre ces fêtes avec mon recul d'occidental. J'accepte même les nijikai, fête après la fête, où la soirée se termine dans un autre lieu que le premier, avec les participants les plus imbibés par l'alcool...

Le plus surprenant pour quelqu'un comme moi qui boit rarement, c'est de voir que les plus fanatiques de la consommation ne sont pas nécessairement ceux qui tiennent le mieux l'alcool. L'alcool semble agir plus vite sur l'organisme des Japonais que j'ai rencontrés ; sans doute une histoire de métabolisme.  Résultat, je suis ressorti de quelques soirées, avec tout mes moyens, alors qu'on ne pouvait pas en dire autant des participants nippons....

Si j'avais un conseil à leur donner, ça serait la prudence et le contrôle de soi, comme recommandé dans le "Hagakure". Il est important de connaître sa limite à l'alcool. Si certains considèrent comme une chance de pouvoir se défoncer à l'alcool et de tout oublier le lendemain matin, moi au contraire, je me dis qu'avec ma mémoire attentive aux détails, j'aurais peut-être pu avoir une carrère de maître chanteur ici en écoutant ce qui se dit sous l'influence du saké... J'ai le souvenir d'une Japonaise qui n'a plus osé se présenter devant moi après m'avoir fait des confidences sur sa vie lors d'une soirée... C'est un ami qui m'a expliqué qu'elle avait maintenant honte...

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14 décembre 2008

bônenkai 2008

L'année dernière, je subissais mon premier bônenkai au Japon, cet événement marquant la fin de l'année et où il faut se coltiner les mêmes personnes avec lesquelles on travaille toute l'année, mais dans le cadre d'une soirée et en prenant sur son temps personnel. Au Japon, on a toujours le chic pour faire déborder le travail sur son temps libre... Je me souviens avoir déjà participé à de tels événements forcés en France. Ca dépend un peu de la culture d'entreprise. Selon les gens, les motivations semblent assez différentes :
-montrer son engagement à son supérieur hiérarchique avec l'espoir d'une éventuelle promotion.
-montrer fièrement sa copine aux collègues pour les rendre jaloux.
-avoir une occasion de se bourrer la gueule.
-avoir l'occasion de mater ses collègues bourrés.
-avoir l'occasion de parler avec des collègues du sexe opposé qu'on croise toute l'année sans pouvoir leur parler...
Rien que pour ça, je me mettais en mode "esquive" dès les premières invitations pressions pour participer à cette fête.

Au Japon, on se pose beaucoup moins de question. La participation semble évidente pour une majorité des gens.
J'ai déjà vu un groupe entier refuser mollement un bônenkai imposé pour finalement organiser en douce leur propre bônenkai...
Là aussi je constate certaines motivations communes.
-Boire, si possible dans un établissement qui propose le nomihôdai, boissons à volonté.
-Se montrer et faire sa star...

Ici, j'ai parfois l'impression de servir d'attraction. Ma présence est souhaitée du moment que je fais quelque chose pour l'événement. Impossible d'aller à des bônenkai comme un simple invité. Moi qui aime manger tranquillement sans dire un mot...
Donc, je dois faire des discours, et surtout chanter, puisque tout le monde a été mis au courant de ma passion pour la musique japonaise...  Je vais recevoir un DVD de ma propre prestation que je ne regarderai probablement jamais...
Sinon, j'ai cette habitude à arriver en retard pour toutes les réunions où l'invitation ressemble à une convocation. Inconsciemment, je finis toujours par traîner la patte... Là, je crois que j'ai fait fort, avec plus de deux heures de retard...
Je vais faire un effort pour les prochains bônenkai... si on arrête de me demander de chanter.

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06 août 2008

Wanted

Mon planning est plein. Je vais devoir refuser des propositions. Si vous êtes francophone, sur Nagoya, opérationnel pour donner des cours de français (et en situation régulière), écrivez-moi pour que je passe vos coordonnées à 3 instituts de langue...

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30 décembre 2007

1 an au Japon, déjà.

Que le temps passe vite au Japon. Je viens de me rendre compte que cela fait déjà un an que j'ai pris mes marques ici. Il serait peut-être temps de faire le bilan.

1. La bouffe.
Sur le plan de la quantité, j'ai bien mangé au Japon. Hier encore, je me gavais de sushis. 4 voyages en avion, le stress, un été chaud humide et très long, une heure de vélo par jour... des événements qui ont eu un impact sur mon poids. 10 kilos de moins depuis mon arrivée. J'ai retrouvé le poids que je faisais à l'armée il y a une dizaine d'années... Je mange beaucoup moins gras qu'avant, et la balance me remercie. Pour ce qui est de la qualité, là c'est plus nuancé. On trouve de tout, mais les bons produits sont laaaargement plus chers que les premiers prix. Ce qui pour moi relève de la nécessité (fruits, légumes, viande de boeuf) ne correspond pas à mes moyens actuels. Seules les bananes sont des fruits abordables. Ca me coûterait moins cher d'aller à Osaka en car que d'acheter une belle pastèque....
En fait, pour consommer les vitamines nécessaires à une bonne alimentation, je dois acheter des bouteilles de jus de fruits et légumes. Curieusement, c'est moins cher qu'un fruit frais. Pour ce qui est de la viande, c'est la déception. La viande de premier prix est du porc de trop basse qualité pour moi. Quant au boeuf, ils l'aiment trop gras ici.
J'ai finalement compris pourquoi les baguettes japonaises étaient molles. Je pensais qu'ils n'avaient pas saisi toute les subtilités de la recette, mais c'est plus simple. C'est voulu. En y réfléchissant bien, les Japonais bouffe mou : du riz, des nouilles, des manjus, des nikumans, des gyozas, des mochis... J'ai jamais vu un indigène croquer une pomme à pleines dents. Il va la peler et la couper en petits morceaux... Donc, le pain est voulu mou.
Pour le fromage, c'est aussi la déception. Le parmesan est une imitation. Il s'agit juste de fromage américain rapé. Il y a des fromages fondus de mauvaise qualité. Il n'y a rien qui méritait un label AOC ou même l'appellation de fromage.
L'avantage de l'alimentation au Japon, c'est que pour quasiment rien, je peux me gaver de gyozas et d'oden.

2. Les transports.
J'ai redécouvert le vélo et la jungle de la conduite en ville. Pour tous les trajets de moins de 45mn, c'est vélo, une grande économie pour mon budget. C'est quand même assez dangereux en ville.  C'est l'anarchie la plus totale, on risque l'accident à tous les coins de rue. Les gens tiennent leur portable ou leur parapluie et préfère jouer de la sonnette plutôt que du frein... J'ai aussi appris à mes dépends que les gens s'acharnent parfois sur les vélos pour des raisons que j'ignore. Il n'est pas rare de trouver son vélo rayé alors qu'il ne l'était pas le jour d'avant. Les gens poussent les vélos ou les balancent. Je n'ai toujours pas digéré qu'on mette mon vélo sous la pluie pendant tout un weekend...

3. La langue.
Il n'y a pas de doute, avec l'âge, on est moins à l'aise pour progresser. Il y a 15 ans, je pouvais faire 20 kanjis par semaine. J'en fais 3 par mois et encore... Heureusement, j'arrive au bout. Il doit m'en rester 300 inconnus dans la liste des gakushuu-kanjis. D'où l'importance de bien apprendre la langue, avant même d'aterrir au Japon. Une fois sur place, il y a tant de chose à faire qu'on a plus trop le temps de faire du kanji... Globalement, j'étais quand même bien content d'être déjà autonome dès mon arrivée. Je me voyais mal à mon âge ne pas pouvoir lire une facture ou un manuel...

4. Le boulot.
Bon, là c'est pas tiptop. Il y a pas grand chose à gagner dans la situation que j'ai trouvée. J'ai l'impression de faire du bénévolat, ou bien j'ai du signer un forme de servage. Je suis pressé de sortir de cette situation...
Je pense que l'enseignement français n'est pas un bon plan. Ca paie pas.
Si j'ai bien compris les locaux, c'est une langue de loosers, de gens qui ne savent pas compter, qui font la grêve tout le temps, de gens qui ne prennent pas de bains et dorment nus.... une super image...

5. Intégration.
Il est très facile de faire des connaissances au Japon. Par contre, s'y faire de vrais amis c'est une autre paire de manche.
Les gens que je rencontre n'ont pas de conversation. Ils ne peuvent parler de rien, donc je ne peux pas aller plus loin. L'autre solution serait de faire comme eux, sortir, boire jusqu'à en vomir et chanter du KAT-TUN ou du NewS.... J'y arriverai un jour, dès que j'aurai réussi à éteindre mon cerveau...
Pourtant, sur le plan culturel, j'ai déjà fait preuve d'une grande capacité d'intégration. Je suis l'actualité, je connais la plupart des personnages du petit écran, parfois leur potins, j'ai pris attitudes japonaises, au goûter je me fais des griller des mochis que je trempe dans du oshiruko.  Je bois trop de thé vert. Je grignote divers mochi, senbei, et surtout les karintô au sucre noir.
Je peux aussi participer au karaoké. Je n'ai pas beaucoup de voix mais je connais pas mal d'air populaires. Les vieux sont ravis, et les jeunes éberlués... Un vieux m'a même proposé de former un duo au karaoké pour reprendre le répertoire de Kobukuro...
J'ai fini par m'habituer au tatami après plus de 8 mois à souffrir des genoux... Finalement, être un japonisé peut être un atout certain quand on veut s'intégrer au Japon. C'est limite si on me demande pas de freiner un peu mon intégration... Le Japonais de base aime à croire qu'il est le seul à apprécier et à comprendre sa culture... Il faut parfois jouer le jeu et faire le gaijin pour ne pas trop choquer..

Bon, allez, on remet ça encore un an...





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09 septembre 2007

Racisme au Japon & discrimination positive.

(Edit : j'ai vu que ce post a été linké avec la mention "témoignage d'un noir qui vit au Japon". C'est une erreur qui m'a fait rire. Ma famille vient du fin fond des Alpes. Merci de corriger de votre côté)

 

D'après ce que j'ai lu récemment sur un forum, un type dit n'avoir connu aucune forme de racisme au Japon (jusqu'ici, je peux comprendre) mais doute qu'il y ait vraiment des problèmes de racisme au Japon.
C'est sûr que si le gars ne sort jamais de son quartier friqué, des grands magasins, et ne fréquente que ses amis il ne risque pas de voir grand chose. C'est impressionnant cette capacité de faire des généralités sur le statut des étrangers au Japon.
Croire que tous les étrangers auront le même accueil qu'un occidental, avec un visa touristique ou working holiday visa, et ayant un compte bancaire rempli en conséquence, relève d'une pathologie mentale.
Un Brésilien venu bosser en usine et un Américain d'un milieu aisé n'auront pas le même accueil, c'est certain.

Le racisme existe partout, et ça concerne tous les pays, pas particulièrement le Japon, mais pour ne pas voir de racisme au Japon, faut vraiment être naïf ou très très riche, blond avec un physique de Brad Pitt....

Ici, à Nagoya, j'ai un accueil très différent dans mon quartier et dans le centre-ville.
Quand je suis dans les beaux quartiers, je suis amené à rencontrer des gens cultivés ou qui essaient de l'être. Toujours bien habillés, polis, bienveillants, avec lesquels on peut parler. Je n'ai pas de problème avec ces gens. Je dirais même qu'il y a un racisme positif : On me colle une étiquette, celle qui convient à ma nationalité, et déjà, je leur semble plus sympathique dès les présentations. "Ah, vous êtes français ?" J'ai droit à un premier sourire avant d'entamer d'inévitables sujets portant sur la gastronomie et la littérature.... J'ai gagné 3 points de sympathie juste en étant d'un pays ayant une bonne image, un pays "agricole", où les gens sont tous un peu rustres, pas très avancés technologiquement, parfois un peu sales mais finalement gentils...

Une fois rentré dans mon quartier, c'est la douche froide, le retour à la réalité. Dans la rue, les filles s'accrochent à leur sac rien qu'en me voyant en vélo. Le jour où j'avais osé sortir en T-shirt au lieu de la chemise-cravate, j'ai vu une fille carrément prise de panique et mettant son sac contre son ventre, les deux mains dessus. Les mamies s'écartent de mon passage comme d'habitude. Dans les rayons des magasins, les gens rebroussent chemin quand ils s'aperçoivent qu'ils vont se retrouver seuls dans le même rayon que moi. Le pire, c'est surtout autour du cyclodrome. C'est le domaine de gens un peu bizarres : pour la plupart ce sont des vieux, mais il y a un profil dominant : milieu ouvrier, T-shirt blanc ou Marcel, peau sombre, peu éduqué. En général, ils pestent carrément en me voyant : "Haa ! C'est même pas un Japonais !! Qu'est-ce qu'il vient foutre ici". Ils grognent même après que je suis passé derrière eux... Le meilleur c'est quand même celui qui gueule "rentre chez toi !"
Ici, je suis l'ennemi numéro 1. Quand je cadenasse mon vélo, on dirait que je suis en train de le voler. Quand je passe devant une école de jeunes filles, les passants voit passer Dutrou. Ils sont tendus. Heureusement que les regards ne tuent pas parce que j'aurais consommé un grand nombre de vies jusqu'ici.
Je vis dans un quartier populaire où pas mal de gens sans grande connaissance du monde, ont bossé dur toute leur vie.
Ils voient apparaître de plus en plus d'étrangers dans leur quartier, et je peux comprendre qu'avec le peu d'éducation qu'ils ont, ils me perçoivent comme une menace... On va prendre leur pain leur riz, et leur boulot. En Europe aussi, on a eu cette attitude défensive quand les Portuguais, Polonais et Italiens sont arrivés...
Maintenant, au vu du comportement de certains étrangers au Japon, peut-être que cette attitude est justifiée. L'avenir le dira...
Pendant ce temps là, je vais continuer à jouer malgré moi le rôle du criminel potentiel....

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17 juillet 2007

Mimétisme au Japon.

J'avais souvent constaté les regards insistants des Japonais lorsqu'un étranger entrait dans le wagon du train ou du métro. La plupart finissait immanquablement par fixer l'étranger, moi ou un autre, détournant le regard lorsqu'on se retourne vers eux...(certains vicieux poussent le vice un peu plus loin en plissant un peu plus leurs yeux bridés pour qu'on ne surprenne pas leur regard)

Pendant longtemps je m'étais demandé pourquoi tant d'insistance dans ce regard. D'un côté, je savais que certains Japonais n'étaient pas habitués à voir des étrangers. Cependant, cet argument n'était pas valable pour les villes comme Kyoto. Cela n'empêchait pas les gaijins de se faire dévisager. A force, je commençais à ma demander s'il n'y avait pas une forme de racisme... Je me trompais.

Il y a 3 ans, je suis allé à Aoki Men Plaza, la boutique de vêtements pour gentlemen japonais. J'ai pris une panoplie de salaryman.
J'ai ensuite fait le test de sortir en ville habillé comme un Japonais, et là, c'est le jour et la nuit.
On est presque ignoré. Il y a toujours quelques regards dans le métro mais bien moins insistants.  Ca ne dure pas. Quel intéret de mater quelqu'un habillé ordinairement. En fait, ce qui attirait l'oeil c'était l'aspect "voyageur" : le gros appareil photo qui pend, le sac à dos, le bermuda, les lunettes de soleil et le reste de la panoplie...
Si on est en chemise blanche avec l'attaché-case noir en bandouillère , le portable avec le gadget qui pendouille, qu'on lit un mail, on intéresse plus personne. Ils ne se rendent compte qu'il y a un gaijin, qu'une fois à proximité et le côté "exotique" est absent, d'où le peu d'intéret de mater....
Maintenant, c'est moi qui regarde les gaijins en mode "voyageur" lorsqu'ils rentrent dans le train....

Posté par Stingray à 20:40 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
01 juillet 2007

Racisme au Japon ?

Sur les forums japonisants, lorsqu'un sujet aborde le racisme au Japon, il finit toujours en lutte entre ceux qui sont persuadés que le racisme n'existe pas au Japon et ceux qui pensent que les Japonais sont foncièrement racistes. Soit, c'est tout blanc, soit c'est tout noir.
Personnellement, ceux qui affirment qu'il n'y a pas de racisme envers les étrangers au Japon m'inquiètent parce que leur propre expérience va induire en erreur ceux qui suivent leurs conseils.

Alors oui, effectivement, il y a toujours moyen de ne pas voir de racisme au Japon.
1/ Vous êtes blonde, pulpeuse, 110 de poitrine, et vous êtes référencée dans la catalogue des mannequins de votre pays.
2/ Vous vivez uniquement en famille d'accueil ou dans un camp à l'écart de la ville, avec des gens habitués à vous.
3/ Vous êtes cadre dirigeant. On s'incline devant votre poste prestigieux, qui vient devancer votre nationalité.
4/ Vous êtes le gendre de quelqu'un d'important.
Dans ces cas, la vie est belle.

Maintenant, si vous n'êtes pas blanc, blond, américain et riche, il y a de fortes chances pour que vous expérimentiez des formes de racisme. C'est encore plus facile si vous êtes non occidental.

Je ne vais référencer que du vécu :

-les piétons créent de la distance lorsqu'ils attendent au feu et s'aperçoivent qu'ils sont à côté d'un gaijin.
-les gens changent leur sac de position quand ils voient le gaijin venir dans l'autre direction.
-les gens ralentissent ou font une pause devant une vitrine quand ils réalisent qu'un gaijin marche derrière un certain temps.
Ces trois exemples, je les constate à peu près un jour sur deux.

J'ai souvenir d'anecdotes assez marrantes :
-Une mamie s'apprête à sortir d'un taxi, mais remonte dedans un instant lorsqu'elle aperçoit le gaijin passer rapidement en vélo devant le taxi, puis elle ressort, rassurée une fois l'affreux passé.
-2 mamies regardent dans leur sac quand elles s'aperçoivent que je les ai doublées pour finalement repartir en arrière (j'avais oublié un truc)
- un vieux traverse la route pour prendre un paquet de clopes au distributeur. il m'aperçoit et retourne comme une flèche à sa bagnole qu'il n'avait pas fermé à clef. (j'étais en vélo et en chemise cravate)
- un flic nous signale qu'il vient d'y avoir un vol à la tire en vélo dans notre rue, quand tout à coup il voit que dans le groupe il y a un gaijin. Son regard est passé d'un instant du mode information au mode inspection.

Maintenant, quand j'entends les gens dire que les Japonais sont particulièrement racistes. Je dis non. Ils sont exactement comme étaient les Européens il y a deux ou trois générations. Lorsque les Polonais et Italiens sont arrivés en France, ils ont reçus pas mal de caillasse dans la tronche.L'accueil était largement plus froid. Les arabes poussés dans la seine, c'était il me semble en 1961. Dans les années 80, les étrangers étaient encore dévisagés en Italie. Les Japonais sont exactement dans la même situation qu'était l'Europe au début des immigrations massives. Ils ne sont pas habitués à la présence étrangère et les faits divers incriminants des étrangers ne leur donnent pas nécessairement envie de faire confiance à ces étrangers. On peut les comprendre. Ici, on a pas mal de dérapages avec les communautés chinoise, coréenne et brésilienne.

Pas mal d'étrangers se croient chez eux. Beaucoup de chinois font à leur sauce : ils viennent sans visa, restent, créent des commerces sans diplôme ou certification. Ils ne respectent pas les normes de sécurité ou d'hygiène.
Les Brésiliens du coin ne sont pas ceux des beaux quartiers. Ils ont une éducation plutôt sommaire et on constate souvent de l'incivilité de leur part. Il ne faut pas leur demander d'être des citoyens modèles.
Quant aux occidentaux, bien que peu nombreux, je me demande s'ils ne sont pas les pires. Certains ont bien compris qu'ils n'étaient plus en occident et qu'il fallait s'intégrer, mais d'autres partent du principe que les valeurs de l'occident passent avant tout. Ils dénigrent ce qu'ils ne comprennent pas, refusent de remettre en cause leur critères et ne font pas suffisamment d'efforts pour maîtriser la langue. Finalement, tous ces gens causent beaucoup de tort à l'image qu'ont les Japonais des étrangers....

En général, ceux qui disent que les Japonais sont foncièrement racistes sans être venus ici partent du principe que le Japon devrait avoir les mêmes institutions que les pays occidentaux, c'est à dire organisé pour gérer une immigration importante....
Il y a donc une méprise sur ce qu'est le Japon. Sous quel prétexte le Japon devrait-il ressembler aux pays occidentaux ??
A moins que la baisse de population fasse plier le gouvernement, le Japon reste le pays des Japonais. Essayez donc d'émigrer dans un quelconque pays qui n'a pas de politique d'immigration ou d'intégration, il y a de fortes chances que votre vie soit plus difficile qu'au Japon....
Quitte à choisir entre être immigré en Iran, au Maroc, au Pakistan, en Malaisie ou au Japon, je préfère largement le Japon.
Il y a des pays où quand la situation chauffe un peu, on s'en prend violemment aux étrangers pour se défouler.... ici, j'ai juste droit à des gros yeux si je prends le dernier produit en solde à la place d'un Japonais....


Posté par Stingray à 23:35 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]


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