un pays fourmidable

28 janvier 2012

franponais : Tous les gâteaux son fait avec les ingrédients frais et la sincérité.

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Il s’agit du papier d’emballage d’une pâtisserie de Nagoya.

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franponais : plaisir morter

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“L’arrivee des soldes est un enorme plaisir morter !!”

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Les chats errants du parc Nakamura

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Les chats errants que l’on aperçoit dans les quartiers résidentiels sont craintifs, sur la défensive et fuient dès que l’on s’approche d’eux. Les chats du parc, eux, sont au contraire attirés par les humains. Habitués à être nourris par les SDF, ils repèrent les passants qui s’arrêtent puis rôdent autour d’eux. Quand ils ne connaissent pas, ils font mine de ne pas être intéressés, et semblent faire un détour. En fait, ils tournent lentement autour de leur cible à la manière d’un katorisenkô qui se consume. Peu à peu, ils se retrouvent suffisamment près pour humer et fixer l’humain pour voir s’il a apporté l’offrande au dieu félin. Il suffit de leur faire signe ou de les appeler pour qu’ils considèrent le repas servi.

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Photo 1 : phase de séduction de l’humain. “Tu m’as apporté quelque chose, serviteur ?”

Photo 2 : Maintenant, je suis suffisamment en confiance avec cet humain pour lui montrer mes belles boules.

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Photo 3 : Un chat en confiance plisse les yeux. Celui-ci est jaloux de l’attention porté à ses rivaux.

Photo 4 : Tout ce que je viens de dire ne s’applique pas à cette race de chat. Ils sont trop difficiles.

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Photo 5 : Les chats aussi marmonnent pendant leur sommeil.

Photo 6 : chat errant de mon quartier, reconnaissable à sa gueule abimée qui montre qu’il doit se battre pour son territoire. Il est contrarié par le fait que je bloque l’accès à l’autoroute des chats, ce fameux passage qui passe par mon jardin et où les chats doivent nécessairement passer en miaulant fort, pisser dans les angles et lâcher des crottes puantes dans les herbes du jardin. “Cet odieux humain est encore sur mon chemin”.

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22 janvier 2012

Cuisine inspirée par le démon… ma bouillie personnelle

flocons-d-avoine-kuromitsuJe dois probablement être le seul sur terre à préparer cette pâtée verte informe pour le petit-déjeuner. (et j’en reprends)

Il s’agit tout simplement d’une bouillie de flocons d’avoine comme on en trouve en Europe, que j’ai parfumé avec du thé vert en poudre. Le liquide noir est du kuromitsu, sorte de mélasse à base de sucre de canne.

Cela me permet de retrouver le gout familier du flocon d’avoine tout en profitant des saveurs du thé vert japonais et du sucre noir dont je ne me lasse jamais…

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La machine à pain

Il y a un an, je découvrais la machine à pain japonaise. Je larguais enfin le pain de mie japonais, flasque et rempli de lard ou de graisse végétale.

pain-mapJ’utilisais au départ une farine blanche classique et une noisette de beurre. J’obtenais un bon pain chaud tous les matins, gonflé, tendre, avec une petite croute friable. Par la suite, j’ai commencé à remplacer le beurre par l’huile d’olive, et la farine blanche par des céréales complètes, de l’orge, du flocon d’avoine, de la semoule, de la polenta… Mes pains sont à mi-chemin entre des pains classiques et des vollkornbrots.

J’ai vraiment beaucoup de plaisir avec cette machine à pain. Son seul défaut, c’est sa taille. La machine japonaise est plus petite que son équivalent français. Si c’était à refaire, je prendrais une Téfal, seul constructeur à proposer un large moule…

En plus de délicieux pains, je peux aussi faire des pâtes à pizza, des croissants, et des brioches.

Les brioches classiques peuvent être réalisées juste en rajoutant des œufs et du lait à la recette de pain classique, mais il est aussi possible de faire des brioches à la vapeur, et je ne me suis pas privé.

-Brioche vapeur au thé vert et aux raisins.

-Brioche vapeur au chocolat.

-Brioche vapeur au kinako.

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Finalement, je mange plus de pain au Japon que lorsque je vivais en France !

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03 novembre 2011

Grenouille en embuscade

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Issu des cités franciliennes, je savais qu’on pouvait avoir de mauvaises surprises en rentrant chez soi. On trouve parfois des nuisibles sur le pas de sa porte : des wesh-wesh qui sont là juste pour te pourrir la vie, des escrocs pour te vendre un abonnement inutile, des sectes, des drogués à la recherche d’un couloir sombre… Au Japon, le décalage avec mon univers est tel que dans les escaliers, c’est plutôt Kermit qui t’attend en embuscade.

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En quatre ans, je n’avais jamais vu débarquer de “Sasagumo” dans mon salon. Elle est verte, recouverte d’épines et on est bien content qu’elle ne soit pas plus grande. Il doit y avoir une convention d’araignées dans le secteur…

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Comme les haetori, elle court à la recherche d’insecte, et ne fait pas de toile. Par contre, elle se déplace à la manière d’une alcoolique, semble effectuer une danse et a toujours ses deux pattes avant levées. Drunken Spider.

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Brasserie Ivrogne

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sortir que de la charme de la matière, a utilisé pour un gâteau.

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“ Nous faisons le gâteau, sortir que de le charme de la matière, a utilisé pour un gâteau. “

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Randonnée sur le Nakasendô, octobre 2011

Avec la crise, la tendance se confirme cette année encore dans mon secteur : un premier semestre d’avril à septembre bien rempli et un second semestre flirtant entre l’oisiveté et les loisirs (du moins, lorsque le budget le permet.) L’année dernière, j’avais profité de l’occasion pour rentrer au pays un mois. Au vu de ce que nous réserve l’économie mondiale et ses banksters, je préfère m’abstenir de dilapider mes économies. Je pense me contenter de quelques escapades dans la région.

nakasendo-2011-001-nephila-jorogumoJe commence par une randonnée sur le Nakasendô. J’en avais déjà fait un bout l’année précédente, mais pas vraiment équipé et sans avoir fait de reconnaissance. Cette fois, je m’y suis pris comme un Japonais : vérification du trajet, calcul des distances, choix des vêtements, chargement des piles et des appareils électroniques, sac à dos, réserves alimentaires, réveil aux aurores …

Dès 6h40, j’étais dans le train pour Nagano. Descente à Nagiso pour une marche de 20 kilomètres dans la forêt.

Je vais me répéter mais octobre est vraiment un mois magnifique au Japon. L’humidité y est supportable et on trouve des températures des plus agréables. Les conditions pour cette randonnée de mi-octobre sont idéales : beau temps, légère brise de montagne, 24 degrés.

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A l’entrée de la forêt, ce qui peut surprendre, c’est la taille des araignées '”jorôgumo”. Quelques kilomètres plus bas à Kôzôji, elles sont plus petites, mais ici, ce sont des monstres.

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Les Japonais disent que je suis un grand admirateur des bestioles parce que je les prends souvent en photo. La réalité, c’est que s’ils étaient comme les nôtres, je n’y ferais même pas attention. Si je prends en photo ces animaux, c’est qu’ils sont souvent énormes et trainent en ville… Je ne vous souhaite pas de vous réveiller à côté de telles araignées à moins que vous travailliez pour Goldman Sachs ou Tepco.

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Avant de s’enfoncer dans la forêt, on doit traverser des hameaux. Les locaux saluent systématiquement les randonneurs, même lorsqu’ils sont étrangers. J’ai dû dire bonjour au moins 150 fois. J’ai été plus salué sur ce trajet qu’en 4 ans dans mon quartier.

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Les kakis (image 3) sont reconnaissables, mais d’autres ne ressemblent à rien de connu. Un peu plus loin j’ai découvert des “karens”. Je ne sais pas quel gout cela peut avoir. A Tsumago, j’ai aussi vu cette curieuse courge appelée “hechima”. Ce cucurbitacée fait office…. d’éponge. Les Japonais s’essuient le corps avec. A moins qu’ils l’utilisent comme une pierre ponce.

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Je connais une punaise qui va passer un mauvais moment.

nakasendo-2011-019Une heure et demie de marche et rien à signaler. Les voyageurs sont juste un peu plus nombreux. Cela doit les surprendre de voir un gaijin se marrer tout seul dans la forêt. (j’ai emporté mon lecteur mp4 et quelques podcasts de RMC)

 

 

 

 

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Par endroits, on retrouve le pavage à l’ancienne du Nakasendô, et plus rarement une cloche sur la route. Elle sert à faire fuir les ours. Après avoir lu l’avertissement, on est plus attentifs au bruits environnements. Le moindre craquement de bois attire mon attention et par la même occasion fait monter ma tension.

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La sauterelle japonaise “inago” agrémente les apéritifs locaux et comble vos besoins journaliers en protéines !

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nakasendo-2011-027-faucheuxEnfant de la ville, je n’avais jamais vu de faucheux autrement que dans Maïa l’abeille…..

 

 

 

 

 

 

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La forêt, malgré son charme, a quelque chose de sinistre, inquiétant. On n’a pas trop envie d’y rester seul trop longtemps.

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C’est aussi un décor propice aux films d’horreur, et quand on entre dans une zone non couverte par son opérateur téléphonique, on se met à imaginer les scénarios les plus improbables…

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“ Il y a quelqu’un ? ”   “ Qui est là ? “

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Ouf. Une borne. On n’est pas perdus.

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Là, on ne voit pas grand chose, car l’insolent ne se laissait pas approcher. Il s’agit d’une vipère de taille honorable, verte et rayée de rouge, tenant dans sa gueule une grenouille. Elle décampe en me voyant m’approcher.

 

 

 

 

 

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Sur la route, j’ai acheté une patate douce à une habitante. C’est deux fois moins cher qu’en ville et je n’en ai jamais mangé d’aussi bonnes.

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Au bout de 9 heures de marche, j’arrive à Nakatsugawa, et perds un peu le chemin, qui n’est plus très bien balisé.

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Fin de la randonnée.

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11 septembre 2011

Araignée sauteuse.

Sujet futile, les araignées sauteuses. Elles commencent à s’infiltrer dans la maison ces temps derniers. Pas en grand nombre, fort heureusement. Elles sont minuscules et inoffensives. J’aime les observer et les prendre en photo mais faute d’avoir l’objectif adapté, j’utiliserai exceptionnellement des images trouvées sur internet.

Ces araignées sauteuses vivent en Asie. On les appelle ici “haetori” (attrape-mouche). Elles ne tissent pas de toile dans les coins. Elles rôdent sur les murs et tatamis, à la recherche de mouches et autres insectes. Ce sont des stratèges. Elles courent, bondissent, utilisent la hauteur et les coins morts pour surprendre leurs proies. Je n’ai pu distinguer que 2 sous-espèces chez moi : misuji et chasuji. Elles sont pratiquement identiques mais les mâles et les femelles sont reconnaissables. Alors que les mâles ont un abdomen lisse marqué par deux longues bandes foncées, les femelles sont légèrement plus ramassées, plus volumineuses aussi, mais carrément plus velues. J’avais tendance à les exterminer, mais puisqu’elles se nourrissent d’insectes, j’en ai fait mes alliées.f-haetori_tyasuji02f-haetori_misuji04ms

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15 août 2011

Feux d’artifice…

Cette année encore, j’ai recensé le programme des feux d’artifice de la région. Parmi les nombreux feux organisés, j’ai finalement choisi d’assister au même que l’année précédente, car étant tiré face à la mer. Encore une fois, les rumeurs furent en total décalage avec la réalité. J’avais entendu qu’ils seraient annulés. La faute à la crise. Cette année, la rumeur fut amplifié par le drame de Fukushima : les Japonais, par humilité, préfèreraient ne pas trop célébrer face au drame vécu par leurs voisins du Nord-Est. Finalement, j’ai l’impression que c’est plutôt une rumeur qui provient de gens qui ne vivent pas au Japon. Au contraire, les gens furent encore plus nombreux que l’année précédente…

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Rien à dire : ce fut un spectacle panoramique qui a tordu le cou à plus d’un…

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09 août 2011

Déplacement à Kyôto en avril et en mai 2011

Déplacements administratifs, sorties organisées, escapades impromptues… J’ai pas mal bougé ces derniers temps et les photos se sont accumulées. Il est temps de reprendre ce blog en main et de vous faire partager ces images.

Lors des évènements de Fukushima, les mails d’informations que je recevais se focalisaient sur la communauté française de l’Est du Japon. Ceux-ci devaient s’attendre à être évacués en fonction de l’évolution de la crise. Chacun devait s’assurer d’avoir ses papiers (en règle) sous la main. Pas particulièrement concerné, j’ai quand même jeté un coup d’œil à mon passeport, pour m’apercevoir avec surprise qu’il était sur le point d’expirer… Cela ne tombait pas vraiment au bon moment puisque le visa était aussi à prolonger par la même occasion, ce dernier nécessitant que le premier soit valide… Je contacte les autorités françaises qui m’expliquent qu’ils ont d’autres chat à fouetter actuellement et qu’ils s’occuperont de mon cas plus tard. Effectivement, je ne me permettrais de passer avant d’éventuels réfugiés, alors je n’insiste pas. Ils devaient être sous pression pour m’envoyer balader. Finalement, ils me recontactent pour me proposer une date, et c’est parti pour Kyôto le mois suivant.

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Si Kyôto est célèbre pour ses nombreux monuments historiques, la gare jure carrément avec cette image. Ce bâtiment me rappelle mes cours d’architecture au lycée. On nous montrait en diapo, les œuvres d’architectes français. Tous rivalisaient pour obtenir les formes les moins habitables possibles. Toutes leurs audaces étaient félicitées par le milieu architectural… On me présentait ces artistes comme des génies. Critiquer Le Corbusier m’aurait valu un boycott à l’époque. On voit que ces gens-là n’ont jamais eu à vivre dans des HLM construits par ces génies. Ils cherchent des formes, des associations de couleur, des perspectives rares, des espaces optimisés, mais ne se sont jamais posé la question de savoir si ça se fondait dans le décor, si c’était écologique, et si ça n’allait pas être déshumanisant… La gare de Kyôto est aussi dans cet esprit de recherche : un mélange d’aéroport, du quartier de la Défense et de Vélizy2.

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On sait pas trop si on doit prendre un caddie et faire ses courses ou s’engager vers le terminal une heure avant le décollage… Les fans de Kyôto peuvent penser ce qu’ils veulent, mais en ce qui me concerne, un bombardement ou un dynamitage serait le bienvenu pour montrer ce que je pense de l’intégration de ce bâtiment…

 

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On réalise qu’on est pas du tout du côté de Tôkyô…

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Sur les hauteurs de la ville, on retrouve enfin le capharnaüm architectural japonais : cette gestion de l’espace chaotique qui fait que ça va dans toutes les directions, en dépit des pentes, tout ça recouvert d’un réseau articulé de câbles aériens… Pour moi, la grammaire japonaise est à l’image de leur architecture.

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Au détour d’une rue, j’entends parler français. Une touriste se demande à quoi sert un certain bracelet vendu dans une boutique d’objets religieux. C’est un couple de Français. Je leur explique que ce sont des chapelets qui permettent de réciter des sutras.  C’est assez surprenant de voir des Français. Ils sont nombreux à avoir déserté le pays. Ceux-ci vivant déjà l’étranger, ils ont décidé de constater par eux-même la situation au Japon plutôt que de se fier aux rumeurs les plus alarmistes… et ils n’ont pas  été déçus. Ils apprécient leur séjour.

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kyoto-rue11Avril est très agréable au Japon et en particulier à Kyôto. L’air ni est pas trop humide et il fait déjà bien plus doux qu’en France. L’ensoleillement est aussi de mise.

 

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Ci-dessous, une photo qui résume bien l’ambiance dans les allées les plus fréquentées, à une période où les touristes étrangers se font plus rares.

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Oh, un pont minuscule en béton…  Pas question de traverser ça sans l’accord de mon assureur.

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Je ne vous ai jamais caché que je n’étais pas fan de Kyôto, sans doute à cause du tourisme effréné qui fait monter les prix. Le dialecte y est aussi assez différent de ce qu’on entend à Osaka avec des intonations que j’interprète comme de la fierté locale. Le réseau de transport est cher et pas toujours très cohérent. Pourtant, je continuerai d’y aller car les sites à visiter sont assez nombreux et il y a toujours moyen de s’éloigner des lieux les plus fréquentés.

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20 mai 2011

Kiri ail & fines herbes

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La plupart des fromages que j’affectionne sont trop forts pour le grand public nippon : ils sentent, leurs couleurs n’inspirent pas confiance et ils ont des textures inquiétantes…

Le Japonais moyen se tourne vers le fromage fondu et les produits qui sentent le moins. Cela explique le succès de Kiri au Japon. Il est surtout apprécié par les adultes.

Je viens de découvrir un hybride entre un kiri et un boursin. On y retrouve le goût du boursin, quoique moins prononcé, et la texture du kiri, facile à tartiner et au fumet discret… pas de quoi casser des montagnes, mais à moins de 300yen les 108 grammes, cela met un fromage “ail et fines herbes” à la portée de toutes les bourses…

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23 avril 2011

Nagoya et les événements de mars-avril 2011…

Cela fait quelques temps que je n’ai pas donné de nouvelles. Les récents événements n’ont pas vraiment été propices à la rédaction de posts… Entre, le séisme, le tsunami, les incidents nucléaires et la médiatisation de tout ça, difficile de trouver de l’inspiration…

Lors du séisme, j’étais dans le plus gros batiment de la ville. Je donnais un cours privé quand mon élève s’est mise à avoir la nausée. Etant donné que j’ai été pris de vertige au même moment, cela peut paraître idiot mais sur le coup, j’ai pensé à une fuite de gaz ou une intoxication alimentaire. Les dames assises à côté continuaient de papoter comme si de rien n’était, mais en regardant les employées du lieu accrochées à ce qu’elles pouvaient, j’ai vite compris qu’on était en plein séisme. Il n’y avait plus qu’à attendre que ça passe.

A 600 kilomètres de l’épicentre,  on n’a finalement subi qu’un séisme de force 3 ou 4. C’était franchement de la rigolade à côté de ce qu’ont dû subir les gens du Tohoku. Néanmoins, la sensation d’être sur un bateau ivre est très désagréable, surtout quand cela dure plus de 30 secondes. La sensation est amplifiée par un tangage assez curieux provoqué par la structure anti-sismique du batiment : on est remué dans toutes les directions ceci afin d’absorber la pression subie, du moins c’est l’impression que ça donne.

Une fois le séisme passé, la dame de la table voisine s’arrête et sort à son amie : “ Tiens, ça a pas bougé, là ? ”. Alors que mon élève est encore sous le choc, prête à fondre en larmes, et que les employées se regardent en se demandant si ça va reprendre…. Je la laisse un peu reprendre ses esprits, mais le cours reprend peu de temps après, car la langue française n’attend pas. Ce n’est qu’à la fin du cours que je quitte l’imposant bâtiment pour aller chercher l’édition spéciale du journal distribuée gratuitement dans la rue à chaque crise, qui m’apprend que l’Est du Japon est dévasté par un séisme historique.

De mon côté, le téléphone a vibré plusieurs fois. J’ai reçu pendant mon cours des SMS de France, me demandant si je vais bien. Cela permet de se faire une idée des connaissances géographiques des Français sur le Japon. Quand il se passe un truc à l’autre bout du Japon, on me demande souvent si je m’en suis sorti. Ben oui, vous vous attendiez à quoi ? Je vais pas réveiller mon cousin ch’ti si Toulouse explose… le Japon n’a que la superficie de l’Italie mais étalée sur des latitudes qui vont de Cuba au Québec. Il faut arrêter de croire qu’on est tous impactés par la catastrophe. En tout cas, juste après le séisme, le réseau softbank est vite devenu saturé, et il m’a été impossible de répondre aux messages, ce qui n’a pas dû rassurer mes amis.

Bref, le lendemain, pensant qu’on en avait fini avec cette catastrophe naturelle, on s’est donné rendez-vous avec quelques francophones pour causer et déguster des mets locaux dans un boui-boui qui veuille bien de nous. On n’était bien loin de se douter qu’une crise de type nucléaire allait nous tomber dessus. En fait, ce qui a surtout changé à partir de ce jour, ce sont les nouvelles demandes d’amis via facebook. Soudainement, les anciens collègues de l’hexagone reprenaient contact. Tout a coup, on s’est souvenu que j’étais au Japon.  C’est une bonne chose, car à l’époque où j’étais encore au pays, on me demandait si ça avançait bien mon projet pour aller en Chine. Là, ils ont bien imprimé que je suis au Japon, grace à une couverture médiatique quotidienne. Les journalistes n’y sont pas allés de main morte. Ils ont carrément présenté au Français, la mort programmée d’un pays en direct, mettant tout le monde dans le même paquet. Tout le monde s’est imaginé que j’allais manquer d’eau, de courant et que ma vie était maintenant en danger…

Essayons de faire le point sur le vrai et le reste car on a vraiment entendu tout et n’importe quoi. Tout d’abord, certains points inquiétants et avérés :

-la société Tepco ne donne pas d’info dans les temps, ne montre pas le réel niveau de danger de l’incident, et n’est pas capable d’informer le public sur ce qui se passe. On a là une belle brochette de mafieux besognieux qui cachent leurs erreurs et paniquent dès qu’ils sortent de leur routine. J’ai failli m’énerver quand j’ai entendu leur porte parole expliquer que les chiffres reçus étaient difficiles à expliquer au grand public. Ils ont réussi à tenir des conférences de presse de plusieurs heures sans annoncer clairement ce qui se passe. De vrais têtes à claque. La réelle raison, c’est qu’ils ont toujours été habitués et encouragés à travailler dans un milieu opaque où les informations n’arrivaient jamais jusqu’au grand public. Difficile de sortir de ses mauvaises habitudes…

-le gouvernment a sciemment sous estimé le niveau d’alerte pour minimiser la crainte de la population, ne pas impacter le commerce, et ne pas inquiéter les grandes puissances. Cela la fout mal de dire au monde qu’on ne contrôle plus rien alors qu’on est connu comme la première puissance scientifique. Ils ont aussi attendu trop longtemps pour appeler les Occidentaux à la rescousse. Là aussi, il y a eu le même problème de fierté constaté pendant le tremblement de terre de Kôbé : il était préférable de sacrifier des vies humaines plutôt que d’accepter l’aide des sauveteurs français prêts à débarquer sur les lieux. Raison invoquée : risque de problème de compréhension entre les sauveteurs nippons et français. Raison réelle : le Japon est la 2e puissance mondiale.

Cette fois-ci, le problème était que le pays de Gundam, Macross et Goldorak n’a pas de robots adaptés pour certaines tâches liées aux incidents nucléaires. Un comble pour un pays comme le Japon. Il a fallu que le gouvernement réalise que Tepco avait perdu le contrôle de la situation pour qu’on en vienne à faire appel à ce pays agricole qu’est la France. De ce côté, la fierté des Japonais en a pris un coup : je constate que leur colère est maintenant tournée contre ce gouvernement trop veule, trop conciliant avec Tepco, et abusant de vocabulaire apaisant en totale contradiction avec la situation à Fukushima. “L’alimentation est propre à la consommation” qu’ils disaient…. Quelques centaines de coups de latte seraient bien méritées pour cette annonce mensongère.

-les médias japonais ne sont pas très bavards sur les niveaux de radioactivité présents dans l’alimentation. Un site officiel nous informe des isotopes détectés dans l’atmosphère, mais alors que les Chinois et Américains se plaignent de denrées contaminées, on ne nous parle que d’eau sur Tokyo et de laitue légèrement contaminée. On nous assure que tout cela reste dans une fourchette de radio-activité normale, c’est à dire avec un niveau de radiation existant dans la nature. Ce n’est pas parce qu’une zone a naturellement un haut niveau de radio-activité qu’elle est habitable sans danger. Ce détail est évidemment occulté. Résultat, les rumeurs vont bon train au Japon concernant le risque de voir tous les aliments de l’Est du Japon contaminés. Il faut savoir qu’au Japon l’étiquetage n’est pas aussi strict qu’en Europe. L’origine des produits n’est pas explicitement marqué. Souvent, c’est l’adresse du fabricant à tokyo qui est marquée, permettant de faire vendre des produits “made in Japan” alors qu’ils sont sous-traités en Chine… Autant dire que manger dans un restaurant, c’est carrément jouer à la roulette russe. On ne sait pas d’où viennent les aliments. C’est l’Est du Japon qui produit la majorité des fruits, du porc, du lait. Rien n’est fait pour rendre plus transparent l’étiquetage. La raison, ne pas impacter l’économie et l’industrie agro-alimentaire. (Récemment, j’ai failli me faire avoir en cherchant des saucisses. Ils avaient mis des saucisses de porc d’Iwaki. J’ai vite reposé le paquet pour prendre des saucisses du Kansaï.)

-Les étalages vides. Certains l’étaient et même à 600km de Sendai comme ici. Cela concerne le pain, les céréales, le riz (quoique le réapprovisionnement suive un peu mieux la demande de riz) et les soupes instantanées. Effectivement, pendant quelques semaines on a constaté que ces produits partaient plus vite. A Tokyo, c’est aussi l’eau en bouteille qui est venue à manquer, dixit deux amies japonaises vivant dans la capitale. On est bien loin de la pénurie totale et de la famine. Les Japonais étant habitués à se préparer à l’éventualité d’un séisme, ils ont toujours un petit stock de gâteaux secs qu’ils finissent par manger avant la date de péremption. ça part comme des petits pains (si vous voulez percer au Japon : lancez une boite de biscuits secs pas bons et pas chers. Vous trouverez acheteur quand même) Le papier toilettes et les mouchoirs en papier ont été dévalisés. Maintenant ça va mieux. La crise n’est toujours pas passée, mais les consommateurs semblent s’être habitués à l’épée de Damoclès quotidienne. Ils font moins de provisions maintenant et les distributeurs ont enfin imposé des quotas (4 soupes instantanées par personne). Seules les piles sont difficiles à trouver un mois après le séisme.

Maintenant, je lis aussi des choses assez inexactes sur l’attitude des Japonais face à la crise. D’abord ce sont les éloges faites par rapport au sang froid des Japonais, un peuple courageux et uni dans la douleur qui préfère vivre humblement par respect pour les victimes du tsunami… Sur ce point, j’ai du mal à interpréter de la même façon que les journalistes. Bien sûr, ici, on est à Nagoya : la distance de Fukushima joue beaucoup, j’imagine que dans l’Est, la cohésion et l’entraide sont de rigueur, mais ici, je trouve que la mobilisation est très médiocre par rapport à la gravité de la crise. Le weekend, les magasins et quartiers animés ne désemplissent pas.  Il doit bien y avoir des collectes dans les sociétés, mais cela n’a pas empêché les Japonais de chanter et boire sous les cerisiers comme chaque année. Les fêtes de fin d’année scolaire ont eu lieu comme d’habitude, et les weekends bien arrosés sont toujours à l’ordre. La (sur)consommation règne toujours sur l’archipel. Toutes ces mauvaises nouvelles à la télé, ça file le cafard. C’est tellement plus cool de s’attabler à la terrasse d’un café à la mode en exhibant son nouveau sac Vuitton et en commandant des macarons Ladurée. Les parvenus de Nagoya n’ont pas remis en cause leur façon de vivre et de consommer. Loin de là.

C’est pourquoi, j’ai trouvé les mouvements de solidarité envers le Japon à la limite de l’indécence. On aide le Japon, alors qu’il reste tant à faire à Haïti. Là-bas, ils n’ont quasiment rien reconstruit. Au Japon, les travaux ont déjà commencé. Le BTP est ravi, l’entreprise tourne à plein régime et les commandes peuvent s’étaler à long terme. L’avenir sourit au secteur du bâtiment…

Concernant la communauté française, elle est régulièrement tenue au courant par l’ambassade. Je ne savais pas trop quoi penser du rapatriement de certains Français par avion, aux frais du contribuable. Au début, je n’étais pas trop pour, mais comme l’ambassade l’a signalé, c’était une mesure “préventive”. Si la situation venait à dégénérer sur la capitale, de nombreux ressortissants auraient été livrés à eux-mêmes. Imagine-t-on des personnes âgées se battre pour leur propre nourriture ? Dans des conditions critiques, le gouvernement japonais aurait-til été enclin à nous distribuer de la nourriture alors même que m’approcher d’un plat préparé “en solde” me vaut le regard courroucé des clients japonais ? Donc, je dis oui, le gouvernement a plutôt eu raison de se préoccuper du sort de ses ressortissants. Je regrette juste qu’on n’ait pas aidé les autres francophones ou européens. Les pauvres Belges ont été rapatriés par le bon vouloir des Espagnols qui leur ont fait de la place alors qu’il restait des places libres dans les avions français. Soit on aide, soit on aide pas, mais la solidarité dans de telles conditions ne doit pas se faire en fonction de la nationalité. Je me vois pas dire à un Luxembourgeois ou à un Belge, “bon, ben je me casse, mon pays vient me chercher.” La honte de les laisser dans la merde.

Quant à ceux qui n’avaient pas d’enfants à protéger mais la force de se battre pour de la nourriture et qui ont profité de l’occasion pour rentrer au pays gratuitement, je les laisse face à leur conscience, et au regard désapprobateur de ceux qui vont les retrouver au Japon quelques semaines plus tard.

Fait inquiétant : Des chercheurs de l’université de Tokyo ont été consultés pour donner leur avis sur le nucléaire et la gestion de la crise. Il apparait que la célèbre université pense qu’on peut s’en sortir et que le nucléaire est maîtrisable. Les médias ont bien transmis leur opinion, mais lorsque les chercheurs de Kyoto ont exprimé leur désapprobation et ont souhaité remettre en cause le nucléaire, ils ont été ignorés par les médias et individuellement, ont été surveillés par les renseignements généraux… Cet incident n’apparait nulle part sur le net et m’a été raconté par un Japonais qui lit de petits journaux indépendants.

Autre fait inquiétant, mais cette fois-ci bien relayé par un grand journal : les élections municipales de Tsuruga.  Cette ville située dans le département de Fukui est dotée de 4 réacteurs nucléaires. Pour ces élections, 4 politiciens sans appartenance politique ont présenté leur candidature. Malgré les récents événement, il se trouve par le plus grand des hasards que les 4 candidats sont pro-nucléaires. Heureux hasard… Aucun d’eux ne propose une sortie du nucléaire. Cela montre le clientélisme entre la classe politique et les professionnels du nucléaire. Les habitants sont furieux de voir qu’aucun candidat ne propose autre chose que de vivre à côté de ces centrales…

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09 mars 2011

Akiba, le repaire des tarés.

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J’ai découvert Akiba il y a 17 ans. Encore étudiant et intéressé par le matériel high tech, j’étais plutôt fan du coin et je déambulais dans les boutiques avec les yeux qui brillent. J’avais le profil qui va bien : le jean les baskets, le sac à dos, le T-shirt, la surchemise, les lunettes et l’attitude du timide introverti… si j’avais été fan de manga et d’anime, la panoplie aurait été complète.

Mais aujourd’hui, je redécouvre ce quartier avec beaucoup moins de plaisir. La première raison, c’est que j’ai changé. Fort heureusement d’ailleurs. Les produits high-tech me plaisaient, et me plaisent encore, mais me paraissent terriblement superficiels. L’autre raison, c’est qu’Akiba a aussi changé, et pas en bien. Le côté anime, manga est toujours présent mais il cohabite avec des nombreux otakuïsmes difficiles à concilier avec une vie sociale épanouie. Et c’est un asocial qui le dit. Dans les rues, on croise de plus en plus de tarés ; des gars qui ont l’air totalement déconnectés, du bon sens, des normes vestimentaires, de la vie sociale même. Je ne les juge pas que sur l’apparence mais sur des comportements inquiétants : des regards hagards devant des jeux, des animes où l’on voit évoluer des personnages féminins de 10, 11 ans, ils se replient sur Akiba comme si c’était le seul lieu où ils pouvaient s’épanouir, alors que le quartier n’est qu’une pompe à pognon qui soutire tout l’argent de ces pauvres types.

Depuis l’affaire du type qui s’est mis à attaquer les gens au couteau, les rues d’Akiba ne sont plus piétonnes (je crois que ça a encore changé récemment). J’essaie de me frayer un chemin sur les trottoirs bondés et trouve le sofmap dont je suis client régulier. Je fais le tour du magasin, trouve un petit lecteur de mp4 portable et demande à un caissier une carte micro SD. Le gars qui semble aussi introverti que moi il y a 17 ans cherche mais ne sait pas à quoi ressemble une carte micro SD. On est donc dans LE quartier technologique et le gars n’y connaît pas grand chose… Cela me confirme dans l’idée que le quartier n’est plus dominé par le geek pur. Les vendeurs ont les mêmes gueules que ceux vus à Mandaraké, de l’otaku pur jus. Je suis bien content de ne pas être devenus comme eux… Je pense que ma vie a bifurqué de la leur parce qu’en France, on avait l’armée. Rien de tel que les classes pour découvrir sa vraie nature, le tir au famas et les opérations à l’étranger pour décoincer un introverti. Qu’on envoie tous ces types au front !

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Le quartier chinois de Yokohama.

16yokohama-piaf Je n’allais sûrement pas visiter Yokohama sans passer par son quartier chinois.

Comme il n’est que 7h30, il faut que je traine un peu car tout doit être encore fermé. Alors, je m’y rends à pied en longeant la côte.

Il n’y a pas grand chose à se mettre sous l’objectif à part des oiseaux, des passants promenant leur chien…

 

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  A cette heure matinale, les rues sont encore désertes et il est très facile de prendre des clichés sans être dérangé par un badaud…

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Rien n’a changé. Les couleurs sont toujours aussi chatoyantes.

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Les touristes commencent à arriver. Ce n’est peut-être qu’une impression mais il y a 10 ans, j’entendais parler japonais partout, alors que maintenant je vois en majorité des groupes de Chinois du continent. Ils semblent être les touristes dominants du site. Je me demande ce qui les motive à venir ici… 

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J’ai fait le plein en thé Tikuanyin, pu-erh et Huacha. J’ai aussi trouvé les cochonneries sucrées aux cacahouètes qu’il y avait chez Tang Frères.

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Fin de l’escapade. Je reprends le train jusqu’à Tôkyô. Je constate qu’ici, les passagers sont moins sur leurs gardes quand un gaijin est dans leur champ de vision et leur espace vital. L’espace qui est habituellement vide autour de moi dans les transports semble plus restreint à Tokyo qu’à Nagoya. Des autochtones iront même jusqu’à s’asseoir à mes côtés sans mouvement fébrile ou hésitation…

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Barichiri Bôkun Habanero & Karamuchô Kimchi

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De nouveaux apéritifs à ne pas laisser à vos enfants en bas-âge. Enfin, c’est qu’ils disent.

Malgré l’avertissement sur l’emballage “ 3 fois plus épicé ”, j’ai pu aisément finir le paquet. Cette fois, Bôkun, c’est que de la gueule ! (pour le trouver, c’est uniquement en combini)

Quant au karamuchô au kimchi, j’ai tellement pris de nabé au kimchi que cela ne me fait plus rien. Mon palais ne voit plus la différence entre le kimchi et un chamallow. Ce nouveau karamucho est plutôt agréable. Il nous change des sempiternels 3 goûts de chips au Japon : Usushio, Norishio et Consommé Punch.

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12 février 2011

Manaca, le pass navigo de la région de Nagoya.

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Il était temps. Le Japon a toujours eu du retard face à l’adoption d’une “carte orange”.  J’achetais encore des tickets à l’unité alors qu’à Paris, les usagers avaient leur pass NAVIGO. Le 11 février, Nagoya a lancé une nouvelle carte de transport, nominale et rechargeable. L’avantage étant de pouvoir faire bloquer sa carte en cas de vol, ou de se faire refaire une carte en cas de perte, sans perdre le montant chargé. On peut créditer sa carte de la même façon qu’avec la carte précédente, Yurika, avec 1000, 2000, 5000 et même 10000 yens, mais ensuite on peut rajouter jusqu’à un plafond de 20000 yens. Un autre aspect moins connu de cette carte, c’est qu’elle peut être utilisable comme moyen de paiement dans certains restaurant.

Sur le plan écologique, elle va permettre des réductions drastique d’impression puisqu’on ne crée plus de ticket. Il suffit de passer sa carte devant le portillon…

Dès sa sortie, je faisais la queue à la gare pour créer mon compte. Pas de pièce d’identité à montrer, pas de photo. Il faut juste inscrire son nom, sa date de naissance et son téléphone, en tapotant sur l’écran. Plus besoin de faire la queue. Je peux prendre le train meitetsu, les bus meitetsu, le métro, le bus municipal, ainsi que d’autres lignes en dehors de Nagoya. Il ne manque que les lignes de Japan Rail, mais cela se fera dans un avenir proche, je l’espère.

J’apprécie la fonction porte-monnaie électronique, passant quotidiennement dans les allées commerçantes souterraines de la ville. La carte peut être utilisée dans 88 boutiques, les 325 combinis CIRCLE-K et mêmes dans 179 distributeurs automatiques de boissons.

edit : manaca est distribuée par Meitetsu ainsi que les transports municipaux de la ville et rien ne distingue les 2 cartes physiquement, à part une mention au verso. Le nom du distributeur apparait en tant que minuscule mention et cela change tout. Si vous prenez votre carte auprès d’une agence Meitetsu, vous disposez du service Tamarun, qui permet d’accumuler des points reconvertibles pour des achats un jour, alors qu’avec une carte achetée dans le métro, vous pouvez vous gratter pour accumuler des points. Il y a donc un bon client et un client de seconde zone, un pigeon, celui qui achète sa carte à partir d’un distributeur du métro nagoyaïte. Celui-ci perd en plus la réduction autrefois accordée lorsqu’on achetait la carte Yurika. Cette réduction était plus importante lorsqu’on achetait une carte de 5000 yen. A cause de la disparition de cette réduction, nombreux sont les utilisateurs qui se sont rués sur les dernières cartes Yurika…. bref, les utilisateurs du métro l’ont dans le baba…

Posté par Stingray à 13:30 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
05 février 2011

Jours de neige sur Nagoya…

nagoya-hiver2011-01La France a été paralysée par la neige en décembre dernier, mais j’ai eu de la chance. Alors que les premiers flocons commençaient à faire leur apparition, j’étais déjà sur la route de Roissy pour rentrer à Nagoya. Si j’avais pris l’avion plus tard, je serais resté bloqué en France plus de 10 jours.

C’est ainsi de très loin et devant l’écran que j’ai pu assister aux fortes chutes de neige sur l’hexagone, aux perturbations dans les nagoya-hiver2011-03transports et à la transformation de Roissy en camping improvisé.

A Nagoya, ce n’est qu’en mi-janvier que la neige a sévi. Là aussi, j’ai évité de peu d’être coincé loin de chez moi. J’étais en soirée karaoké avec une furieuse du genre, habituée à tenir toute la nuit devant le micro. En voulant rentrer à minuit, j’ai donné l’impression d’être un petit joueur, mais lorsque je me suis réveillé le lendemain à la maison, le quartier était recouvert de blanc et le karaoké-box (situé en banlieue) était complètement cerné par la poudreuse.

nagoya-hiver2011-04nagoya-hiver2011-05

nagoya-hiver2011-02nagoya-hiver2011-06

nagoya-hiver2011-07Pour faire face à ce temps hostile, j’ai ressorti ma parka “armée française” au risque de terroriser un peu plus le voisinage.

Dans ma cité, on concentrait le tir des boules de neige sur les bus de la RATP qui passent. Je ne suis pas sûr qu’ici, ça passerait, alors je me suis contenté de viser les cabines téléphoniques.

Finalement, la neige a tenu plus de trois nagoya-hiver2011-08jours et plus de 9 jours après ces précipitations, on trouvait encore quelques amas de neige là où le soleil ne tape jamais. (si si, ça existe des angles où le trottoir ne voit jamais le soleil)

Certains n’ont peur de rien. Vu le premier jour de neige : une fille qui fait du vélo avec une bicyclette de ville aux pneus lisses sur la route enneigée et tenant d’une main, un parapluie…

Posté par Stingray à 02:20 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]