un pays fourmidable

photos du Japon. Articles sur la vie à Nagoya et conseils de survie pour crevards étrangers en milieu nippon.

12 octobre 2007

Coucher de soleil sur la rivière Shônai.

shonaigawaA quelques pas de la ville, j'ai vite adopté les abords de la rivière Shônai. Ce n'est pas un exemple de propreté, mais j'ai pris goût aux petits chemins déserts où avec mon mountain bike je coupe le vent à grande vitesse à travers grillons, sauterelles et libellules : un bol d'air frais et de nature qui change du gris de la ville. Parfois on rencontre des coureurs, des joueurs de base ball qui se passent des balles, ou bien des familles jouant au cerf-volant tandis que des petits faucons énervés viennent fondre sur le pauvre jouet ...

Lorsque le soleil se couche, j'ai juste de le temps de me diriger vers mon quartier...  Parfois, je prends des photos comme celle-ci. C'est dommage, il manque les canards pour montrer l'ambiance, ainsi que de grands oiseaux noirs ressemblant à des hérons en plus grand (des aigrettes ou des grues, probablement)

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Vue du quartier de la gare de Nagoya.

meiekiLe quartier de la gare vu de mon arrondissement.

Rien à voir avec les nombreux gratte-ciels de la capitale.

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09 octobre 2007

Première rencontre avec un SDF japonais.

chat_de_sdfEn fait, le cyclodrome de mon quartier attire une faune assez populaire et beauf, peu encline à accepter des gaijins, mais une récente virée en vélo m'a rappelé qu'il ne faut pas non plus généraliser. Si le manque d'éducation rend certaines personnes fermées, le taux d'intolérance est équitablement réparti dans toutes les couches sociales...

Dans cette faune traînant autour du cyclodrome et du parc, il y a certes ces travailleurs âgés qui pestent en me voyant, mais aussi de nombreux misérables dont la seule préoccupation est de survivre. Ils ont d'autres priorités que de cracher à mon approche. J'ai découvert pourquoi ils se chat_de_sdf2concentraient ici plutôt qu'ailleurs. Dans un plus petit parc, à l'abri des regards, ils sont pris en charge par le ministère de la charité qui distribue des repas aux démunis.

Ensuite, ces pauvres repartent sur leur vélo pour retrouver leur maison : des tentes en bâche bleue montées sous les ponts de la rivière Shônai (ou bien sous les autoroutes pour ceux qui retournent en centre-ville) Comme je prends mon vélo régulièrement pour découvrir les environs, je passe devant de nombreux petits camps de SDF en périphérie de Nagoya.

chat_de_sdf4Sur un chemin désert, je vois un petit chat blanc affalé sur le bord de la route. Comme ce n'est pas le genre des chats errants de faire ça, j'en conclus que c'est un chat domestique et qu'il est devant sa maison. Je découvre un passage discret dans les buissons qui mène à une tente de SDF où flotte un drapeau japonais ainsi qu'un fanion blanc avec écrit à la main : Vive les Giants ! (l'équipe de baseball de Tokyo). Un deuxième chat surgit. Les deux ne sont pas effrayés. Bien au contraire, ils viennent se frotter à mon mountain bike. Puis, j'entends un bruit de chaîne de vélo : le SDF qui vit ici arrive. Il a apporté des boîtes pour ses chats. Il me salue et me présente ses chats. Il m'explique qu'il revient du cyclodrome et que le résultat des courses ne lui a pas été favorable. Voilà que je shinkansentape la discute avec un SDF japonais qui vit dans une tente sans électricité... Sur le coup, je passe pour un privilégié avec mes 2000Yen par jour pour vivre au Japon, avec connexion internet, chambre japonaise et jardin... Ce type, que je ne saurai distinguer des autres qui pestaient devant moi, m'a vraiment surpris par son amabilité et son langage délié à mon égard. J'en oubliais presque les gens qui m'esquivent dans les rayons des combinis ou les dames qui s'accrochent à leur sac en me voyant... je me dis que j'ai très bien pu tomber sur un ancien cadre ou un travailleur d'une entreprise ruinée. Un SDF n'est pas nécessairement un gros poivrot...

Marrant, ça. J'ai réalisé récemment que où que j'aille travailler, je coupe tout le temps la route à un Shinkansen.
Je vais à deux endroits en banlieue et je passe devant. Ici, en faisant ma balade, je suis obligé de passer dessous, et c'est pareil lorsque je vais en ville chaque jour. Je coupe le Shinkansen à 4 endroits différents de la ligne....

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03 octobre 2007

Les bouteilles d'eau devant les maisons.

bouteilles_d_eauDifficile lorsqu'on traine dans un quartier résidentiel d'ignorer les nombreuses bouteilles d'eau remplies trônant juste devant les façades des maisons... Je n'y faisais pas spécialement attention. Au départ, je croyais qu'il s'agissait de réserves d'eau pour les plantes, mais en y regardant de plus près, je me suis rendu compte que ces bouteilles étaient toujours fermées. Leur rôle n'était donc pas de recevoir de l'eau de pluie. En plus, des bouteilles d'eau fermées, ça crée des bouillons de culture impropres à la consommation. J'ai définitivement écarté la théorie d'eau pour les plantes quand j'ai vu que certaines maisons sans plante étaient "fortifiées" par de nombreuses bouteilles d'eau.
J'ai directement demandé aux Japonais : la réponse est unanime ; les bouteilles d'eau servent à repousser les "chats" !
Pardon ?? On est bien en train de parler des chats ?? Les boules de poil à ronron qui bouffent des croquettes et qui miaulent tant que la gamelle est pas posée ?
On m'explique que les chats qui passent pissent systématiquement pour marquer leur territoire. S'ils approchent d'une bouteille d'eau, ils se reflètent dedans et en général, ils filent car ils réagissent comme face à un concurrent....
Je devrais peut-être installer quelques bouteilles dans mon jardin, parce qu'un chat y passe régulièrement, et laisse en souvenir un beau bronze odorant... On dirait même qu'ils se sont mis à plusieurs pour concocter ça parce que j'ai rarement vu aussi gros dans une litière... Je sais tout de suite que l'infâme est passé dès lors qu'une mouche verte traverse la véranda....
C'est une véritable infection dans le jardin. On dirait que les chats japonais bouffent du nattou... Allez hop, encore une crotte balancée dans le jardin du voisin !


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14 septembre 2007

Balade en vélo et révélation de Bouddha.

Cela faisait déjà quelques temps que je me trainais mon vélo d'occase à 4000 Yen. J'avais fini par le surnommer "boroboro" (tombe-en-ruine) suite aux nombreuses pannes auxquelles j'avais du faire face. On m'avait prévenu que pour 3 mois, ce vélo était suffisant, mais j'en étais déjà au 8e mois et entre les crevaisons, dérêglages et grippages, je commençais à perdre patience.

Je suis allé dans un magasin de vélos et je suis directement monté au rayon des mountain-bikes.
J'ai choisi un beau Bridgestone noir "made in Japan" à 18 vitesses. J'en ai eu pour mon argent. Ca m'a fait du mal, parce qu'avec ça, je peux me loger pendant un mois.

Pour la tenue de route, c'est le jour et la nuit.

Grisé par sa vitesse et son confort, je suis allé en banlieue pour tester un peu la bête.
J'ai trouvé un long chemin désert sur les berges de la rivière Shônai. On peut tracer tout en se frayant un chemin à travers des escadrons de libellules. Il y a même un petit pont caché d'où on peut avoir une vue intéressante du Shinkansen sortant de Nagoya et prenant de la vitesse. J'y retournerai sûrement un jour pour une prise de photo.

J'ai profité de ce long chemin droit pour tracer. Ca m'a rappelé le bon vieux temps du homestay au Japon à l'époque de la bulle financière. Je prenais le vélo tous les matins pour aller au centre culturel. Je rentrais le soir en longeant la rivière...

J'avais déjà pris pas mal de vitesse lorsque le chemin commença à bifurquer. Un virage à 90% est tout à fait gérable si on s'y prend bien, mais je ne m'attendais pas à ce que dans le virage, le goudron soit remplacé par de grosses caillasses blanches.
Résultat : quand j'ai pris ce virage, j'allais trop vite pour un sol aussi irrégulier et le vélo a commencé à faire des bonds difficilement contrôlables. 10 mètres de gros cailloux blancs pointus, c'est super dangereux. Il était hors de question que je tombe la dedans. J'ai continué sur ma lancée en espérant atteindre le goudron qui revenait un peu plus loin. J'y étais presqu'arrivé mais les bonds étaient impressionnants. J'ai pris la décision de freiner brutalement pour mettre fin à ce rodéo. Il est arrivé une chose à laquelle je ne m'attendais pas. Ce vélo étant neuf, les freins étaient tellement durs qu'en freinant, c'est le passager qui a été projeté. Je me suis vu passer au dessus de mon vélo avant de me fracasser au sol. C'est une grande chance pour moi d'avoir pu m'écraser lamentablement sur le goudron plutôt que de me retrouver dans un amas de cailloux blancs contondants.
Au moment où j'ai touché le sol, Bouddha m'est apparu et m'a dit "T'arrêtes tes conneries maintenant ! " Le choc m'avait surtout révélé que je n'avais plus 15 ans et que le moto cross dans les petits bosquets du parc de Sevran, c'était quand même dans les années 80. Je me suis relevé, pour constater que je n'avais rien à part des coudes écorchés. Par contre, le vélo lui était déjà bon pour une première réparation. La chaîne était sortie de son emplacement en poussant une plasturgie normalement non déplaçable, et je me trouvais en banlieue, sans outil, loin de chez moi, sans carte de téléphone, dans une zone non habitée...
Je me suis acharné sur la bête. J'avais les mains poisseuses à cause de la chaîne, et je n'en pouvais plus à cause du soleil qui tape. J'ai traîné le vélo jusqu'à un pont sous lequel se trouve un mini village de SDF. J'ai continué mes réparations à l'ombre avec comme seul outil "mes clefs" et des feuillages comme gants. Tant bien que mal, j'ai réussi à remettre la chaîne en place.
Sur le coup, j'étais quand même bien soulagé de repartir en vélo. Je ne me voyais pas me retaper la route vers Nagoya à pinces... Le vélo est fonctionnel, même s'il y a quelques rayures dues au choc et qu'on entend un roulement lorsque j'utilise une certaine vitesse.

Posté par Stingray à 12:26 - Mon quartier - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Indigènes de mon quartier.

En observant les gens de mon quartier, une chanson me vient systématiquement à l'esprit : "Mon beauf" de Renaud.
Les gars se baladent en marcel avec leurs sandales. Ils ont l'air débraillés, se dirigent vers les bains publics ou en sortent avec une serviette sous le coude et un magazine de tiercé. On les retrouve au parc où ils s'attroupent avec d'autres beaufs et matent les résultats des courses du cyclodrome. Parfois, on les entend gueuler sur bobonne à la maison. Ca frise la violence domestique. Pour une fois qu'il y a un endroit où ils se sentent les maîtres, ils doivent en profiter.
Ils ont beau aller aux bains, parfois il y a des relents de sueur difficilement supportables, mais bon, un japonais qui pue, c'est toujours moins grave que si c'était un étranger...

Une autre version de beauf traine en chemise hawaïenne. Sa dégaine est lascive. S'il n'avait pas ses potes dans la voiture noire, je n'aurais pas compris qu'il s'agissait d'un yakuza.
Avec leur grosse berline lustrée, ils ont largement les moyens de faire des courses dans les grands magasins. Pourquoi viennent-ils dans une petite surface juste derrière chez moi ??

Quelques soient mes efforts, je crois que je n'arriverai jamais totalement à m'intégrer à la faune de ce quartier, ou alors il va falloir que j'achète de nombreux marcels et que je voie en le cheval autre chose qu'un steack grillé...

Posté par Stingray à 11:35 - Mon quartier - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 septembre 2007

Touch'pas à mon vélo !

Depuis que j'ai acheté un nouveau vélo, je suis aux aguets lorsque j'entends du bruit près du parking à vélo. Il y a pas mal de vols de vélo dans mon quartier (sauf que si cela se produit, je serai probablement le suspect). Cela m'amène bien malgré moi à me poster à la fenêtre à des heures incongrues où je ne fais que surprendre des locataires rentrant bourrés.

Hier matin, c'était un peu différent : On était dimanche, à 6h30 du matin. On pouvait entendre un bruit récurrent toutes les 5 secondes. Je me suis bien sûr imaginé quelqu'un essayant de forcer un cadenas.
Je me suis levé pour réaliser qu'il s'agissait de gamins en train de se lancer des balles de base ball..... à 6h du mat??!!!

Logiquement, un dimanche, à 6h30, je vois pas ce qu'on peut faire d'autre que dormir, mais au Japon, le dimanche n'est pas le jour du seigneur. Quand on est un mioche, on peut très bien se lever tôt et faire du base ball à 7 heure du mat...
Pauv'gosses. Moi, ça m'aurait traumatisé....

Posté par Stingray à 15:57 - Mon quartier - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Rue étroite.

nagoya_nakamurakuJe viens de découvrir des quartiers résidentiels assez anciens dans l'ouest de Nagoya et à Kiyosu. C'est assez amusant : les rues ne permettent pas le passage de voiture.
J'aimerais bien voir comment se passent les déménagements...

Posté par Stingray à 04:02 - Mon quartier - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 août 2007

Dans la boite aux lettres.

honplayIl y a deux boites aux lettres. Une à l'entrée du batiment, une intégrée à la porte.
Si les publicités ne sont pas si nombreuses comparé à ce que j'ai vécu en Europe, il y a quand même des moments où on aimerait bien que le démarchage cesse.

Cette semaine, un magazine d'une secte avec une petite note : "vous vous souvenez ? Nous vous avions proposé de venir à nos sessions. Nous comptons sur votre présence."
C'est sûr qu'avec des réunions à 5h du mat dans une école publique, ils ne sont pas prêts de me voir arriver. A 5 heures, je ne suis pas en mesure de faire autre chose que de dormir d'un sommeil profond.
Autre point, à moins qu'ils ne me proposent une activité rémunérée, je n'ai rien à faire avec cette secte lié au parti d'Abe Shinzô.

Autre nuisance dans ma boite, des petites annonces pour trouver des femmes.
118 euros de l'heure pour du honplay. Le Honplay signifie qu'il y a possibilité de faire trempette. Les filles sont rodées pour raconter un pipeau en cas de rencontre inopportune.
Ce que je ne comprends pas, c'est que ce genre d'annonce est mis dans toutes les boites aux lettres sans recherche du client type. Cela veut dire que les familles à l'étage avec gamins de 5 ans reçoivent aussi les annonces coquines...
Ca craint ...

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09 août 2007

Le quartier mis en danger...

Alors, j'avais trouvé des petites pompes à vélo à 100 yens. Ce sont vraiment des outils de tapette. On a vite fait de les casser.
Depuis, j'utilise une grande pompe metallique, un appareil qui se gonfle avec 2 mains, et un pied qui tient la pompe à la verticale.
Ce genre de pompe ne passe pas inaperçu. J'avais le choix : soit acheter un vélo, soit prendre la pompe et sortir chercher le vélo crevé là où je l'avais laissé. J'ai fait le second choix en devinant par avance les conséquences dans le quartier.
Un étranger qui se balade avec un grand objet metallique long et potentiellement blessant, ça fait le même effet qu'un noir qui traine avec une barre à mine dans les rues d'une ville de la Géorgie ou de l'Alabama dans les années 50.
Quand on traverse un quartier de mamies, c'est la panique. Quand elles bifurquent dans la rue que je traverse, il y a comme une hésitation dans leur démarche, ou alors elles regardent derrière elles pour s'assurer qu'elles ne vont pas se retrouver seules face à ce dangereux péril et que d'autres piétons ne sont pas trop loins...

Une fois dans le métro, la pompe a vélo n'impressionne plus personne. Je peux traverser le centre-ville sans inquiéter la population.

Posté par Stingray à 22:59 - Mon quartier - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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