Pas de vélo, pas de chocolat.
De 2008 à 2012, j'utilisais un mountain bike à Nagoya. C'était assez pratique, je n'avais que très peu d'entretien à faire. Le vélo m'avait coûté 30000 yen, et il était rare que je crève avec, contrairement aux mauvaises expériences déjà rencontrées avec les vélos pour mamies japonaises... En tout cas, il m'arrivait d'avoir besoin de mettre les mains dans le cambouis, pour retirer une chaîne, changer une chambre à air ou autre... Tout cela me parait bien loin. Maintenant, je pars du principe que je commence à être trop vieux pour ça... Je pense qu'il y a surtout la paresse et une certaine réticence à se salir les mains pour un résultat incertain.
Le dernier vélo que j'ai acheté est un vélo pliable. Il est doté de petites roues, mais aussi épaisses que celles de mon ancien mountain bike. Je pensais être à l'abri d'une crevaison....
Poisseux comme je suis, j'ai fini par trouver mon pneu arrière à plat un matin... Pour un vélo à 3000 yen, j'étais pas chaud de l'amener au garage pour une prise en charge de 4000 yen. Cela n'avait pas de sens... Alors pendant plus d'un trimestre, je me suis contenté du train et de mes pieds pour mes déplacements en ville... Au début, on pense qu'on va s'y faire. Sauf que je n'habite plus à Nagoya, desservi par des centaines de lignes de bus, métros et trains. Là, je ressens bien plus douloureusement les distances inhérentes à la vie à la campagne...
Un simple déplacement me fait perdre 45 minutes, et si je fais des courses, je dois prendre en compte le fait que les produits surgelés n'aimeront pas le chemin retour... A force de se passer de tellements de produits alimentaires pendant des mois, j'ai fini par me dire, qu'il fallait que je récupère un moyen de transport plus rapide que mes pieds....
Il a fallu peser le pour et le contre... Qu'est-ce qui était l'argument le plus déterminant pour que les choses changent ??
Ma radinerie sans doute. J'étais vraiment pas prêt à payer plus de réparations que la somme payée pour avoir ce vélo.
J'ai fini par me résoudre à acheter du matériel de réparation. J'en ai eu pour 1500 yen, avec des rustines, de la colle, des clés, de quoi réparer plusieurs fois mon vélo. Il ne restait plus qu'à trouver la motivation pour toucher à main nue une chaîne graisseuse....
L'envie de produits surgelés a bien aidé....
Finalement, c'est arrivé. Je me suis remis à la réparation manuelle de vélo. Quelle souffrance, mais aussi quelle libération !
Le soir même, j'allais trainer au port pour prendre des photos après une descente au centre commercial...
En 5 minutes, je peux accéder à un combini. En 10, j'atteins la mairie, en 15, le centre commercial... La seule chose qui manque, c'est un panier à l'avant. Je suis toujours limité par la taille de mon sac à dos...

