partir au Japon ou pas : la vie de Freeter
Pour les technico-commerciaux trilingues, les cuisiniers expérimentés, les artistes et les ingénieurs réseau, il y a toujours des débouchés possibles au Japon. Maintenant, pour les autres, cela dépend un peu des opportunités et du réseau relationnel.
Dans la plupart des cas, si vous êtes un ancien japonisant (LLCE), va falloir ramer dur si vous ne connaissez pas les gens qu'il faut.
Bienvenue dans les monde des Freeters !
La vie de freeter, c'est un mode de vie très simple. Vous n'êtes pas en contrat à durée indéterminée. Vous cherchez du travail, et les seules missions qu'on vous propose sont courtes et payées entre 800Y et 1100Y de l'heure. Il faut donc constamment chercher des missions et parfois accepter des tarifs scandaleux. (pas le choix, sinon on quitte le monde sympathique des freeters pour rejoindre celui des SDF). Le prix de la vie étant ce qu'il est au Japon, il va de soi que le tarif horaire ne permet pas de vivre confortablement. Le budget est assez serré, et il faut parfois faire des provisions de nouilles. Le plus important, c'est le budget communication pour toujours être joignable par un éventuel client.
C'est la vie de cigale. On ne pense pas au futur. On vit au jour le jour. Pas de retraite, pas de sécu. On fait les comptes tous les soirs pour s'assurer que ça passe.
Certains tombent bas et acceptent des jobs chez Nova l'arnaque. Beurk ! C'est pas de l'enseignement. C'est du servage.
L'avantage, si on peut dire qu'il en existe un, c'est que de passer de mission en mission, on peut se faire connaître et élargir son réseau relationnel, le but étant bien entendu de décrocher un contrat plus intéressant financièrement et plus long dans la durée...
Ainsi, il y a deux mondes bien distincts pour les étrangers au Japon. Les chanceux qui ont des contrats bien payés et qui peuvent sortir souvent et raconter partout comme le Japon est beau, agréable et sans racisme, et puis les autres, ceux qui aimeraient bien la place des premiers, parce que ça fait un peu chier de bouffer des raamens instantanées toute l'année, et de faire la queue partout pour trouver des missions.
Si vous n'en avez rien à péter de la retraite et que la sécu ne vous sert à rien, vous pouvez goûter vous aussi à cette vie merveilleuse de freeter au Japon. Il ne vous faut qu'un visa, mais cela est une autre histoire...
