Arrivée à Sapporo : l'aéroport de Chitose.
Contexte du voyage : Congé sans solde pour réaliser une traversée du Japon du Nord au Sud. Voyage réalisé en l'an 2000.
Après 9 heures de vol, je pose enfin les pieds au Japon. Mal rasé, atrophié par une position assise prolongée, et surtout barbouillé par les incessantes collations proposées à bord, je n’ai pas fière allure dans ce petit aéroport ! L’air hagard, je suis le flux de passagers jusqu’à la douane. La queue est longue, mais j’aperçois une colonne d’attente pour non résidents.
Première étape : justifier ma présence sur ce territoire.
Au douanier je donne l’adresse d’un garant au Japon (une famille d’accueil avec laquelle j’ai gardé le contact) et une explication très sommaire sur le parcours que j’ai l’intention de suivre. Ensuite, je vais récupérer mes valises.
Deuxième étape : essayer de passer la douane.
Après un court détour aux toilettes pour me rafraichir et me donner une meilleure apparence, je me décide à passer au contrôle final. Là, je tombe sur un très jeune douanier qui suit de très près les procédures sous le regard de ses supérieurs. Avec un sourire difficilement dissimulé, je lui réponds que, non, je ne possède aucune arme ou drogue sur moi. Il entreprend de fouiller mes valises. Pour la fouille, on peut dire qu’il est très minutieux, allant jusqu’à ouvrir tout ce qui est muni d’une ouverture; par contre, pour remettre en place ce qui avait mis des heures à être rangé, il repassera.
Troisième étape : subir une fouille corporelle.
Laissant mes valises dans le chaos le plus total, le douanier me propose de le suivre pour une fouille corporelle !! Il faut signaler que je suis le seul étranger dans cet aéroport de petite envergure. Beaucoup de monde semble intéressé par ce petit spectacle…. (A ce moment, j’ai une image qui me revient en tête : Cabu et son bouquin sur le Japon où il dessine un cowboy qui se laisse palper par un douanier japonais non sans contrariété…) A l’abri des regards curieux, le jeune douanier me fait déshabiller et fouille jusque dans mes chaussettes.
Souriant mais un poil vexé, je suis à 2 doigts de lui dire qu’ils ont de la chance qu’on n’accueille pas les touristes japonais comme ça en France, mais, soit, je me prête au jeu sans broncher, parce que je suis dans un aéroport local qui reçoit moins de touristes étrangers que Narita.
Satisfait (ou insatisfait ?) de sa fouille, le douanier me permet de sortir et repart à ses activités en me laissant devant mes affaires éparpillées…

