10 février 2008
Le savon.
Un phénomène que j'avais déjà remarqué en France, la disparition des gros savons des années 70-80. Ces savons hyper-odorants, et qui décrassent bien en profondeur. On les a vus disparaître peu à peu des rayons, remplacés par des ersatz de savon sur-gras hypo-allergéniques et d'autres produits ressemblant à des pousse-mousses. Heureusement, on peut encore trouver quelques savons aux fraîcheurs océanes en cherchant bien.
Au Japon, c'est le même problème. A croire que tout le monde a une peau fragile. J'ai tenté quelques savons 100% végétaux. Ça ne décrasse rien, autant me laver avec une tranche de saindoux, ça me ferait le même effet. Les savons gras, je passe, les pousse-mousses, j'évite. C'est bien pour se laver les mains avant de passer à table, mais ce genre de gadget n'a rien à faire près de la baignoire. Résultat des courses, je ne trouve rien qui me permette de me laver, et je suis encore totalement dépendant des colis que je reçois de France. J'ai donc des réserves de savon en attendant de trouver un produit potable.
Rien de tel que ces gros savons bien industriels, aux senteurs artificielles, qui décrassent et dégraissent avec la puissance d'un détartrant. On habitue tellement les gens à la douceur, que je ne m'étonne pas qu'il y ait tant de gens à la peau fragile...
11 janvier 2008
Quoi de neuf chez Softbank en janvier 2008.
Gamme 900.
Cet automne, Softbank a fini par éjecter le 904T, antiquité aux formes clairement démodées, qui restait dans le catalogue depuis l'époque Vodafone ! Plus récemment, le 910SH, hybride mobile-appareil photo (5Mpixels) a lui aussi fini sa longue carrière. Il vient tout juste d'être remplacé par un mobile coréen, le 920SC de Samsung. S'ils ont la même résolution, le 920SC est équipé d'une matrice OLED (l'unique matrice OLED chez l'opérateur), et il a en plus les fonctions 3G high speed et roaming. Pour finir, il est plus léger. Inquiétant, ces Coréens qui assurent en téléphonie mobile ! Mais que fait l'archipel ?
Dans la série des mobiles Sharp aux écrans Aquos rabattables à 90 degrés, le 912SH, plutôt populaire cet hiver ,vient d'être retiré de la vente après les fêtes de fin d'année. Curieusement, son paternel, le 911SH est toujours dans le catalogue. Il le doit à son succès. Son remplaçant est déjà en vente depuis novembre, il s'agit du 920SH doté d'une meilleure résolution, qui lui permet d'afficher 782 caractères à l'écran, un record dans le catalogue Softbank. Il vaut mieux avoir une bonne vision avec un tel portable...
D'autres mobiles proposent un écran large mais non rabattable à 90 degrés. La face où se trouve l'écran contient le moins de boutons possibles pour laisser à l'écran le plus de place. Dans cette série, on a des survivors comme le 911T, les portables de cet été comme le 912T et le 913SH (connu sous l'appellation FULLFACE). Pour ce dernier est sorti en décembre dernier un modèle collector, le 913SH G TYPE-CHAR, aux couleurs du mech-warrior utilisé par Char dans la série Gundam. La nouveauté dans cette gamme vient du 920T. S'il est plutôt classique au premier abord, son design ne laisse pas indifférent, les coloris sont bien pensés, et comme le 911T, il a comme particularité de pouvoir enregistrer un fichier d'une taille de 1GO, ce qui rend possible plus de 5 heures d'enregistrement télé. Il va sans dire qu'on peut l'utiliser comme un lecteur mp3 avec une telle capacité. Dommage que la carte SD d'un GO ne soit pas fournie...
Gamme 800.
Il faut attendre novembre pour voir disparaître les modèles 2007 comme le 811SH, le 810SH et le 813T. On retrouve le bon vieux pantone, pas prêt de disparaître des catalogues. Il est le moins cher des mobiles de l'opérateur. C'est donc un fort produit d'appel. Il passe désormais de 20 à 24 coloris, avec l'ajout de 4 tons brillants plus ou moins réussis. Il existe une version blanche du Pantone aux couleurs de l'équipe de base ball de Fukuoka, les Hawks. On trouve aussi une déclinaison du pantone sans fonction appareil-photo. C'est le 813SH. Quel intérêt ? Une société qui fournit des portables à ses employés n'a pas besoin de cette fonction. Il est donc clairement adapté aux entreprises. On retrouve enfin le GENT, alias 812SH. En 2008, il est renommé 812SHsII, mais je n'ai pas vu de différence technique. Il reste selon moi un Pantone amélioré. Toujours dans la gamme 800, on retrouve les modèles de l'été dernier : 805SC, 810P, 814SH, 814T, 815SH, 815T (fanfun) et 816SH. En novembre, le 820P avec sa façade très reconnaissable vient rejoindre le 810P, qui était le seul portable Panasonic dans la gamme 800 de Softbank. En décembre, un troisième Panasonic fait son apparition : le 821P alias MIRROR, un mobile tout à fait classique. Comme son nom le laisse entendre, on se voit dedans. Dans le catalogue, il brille comme un miroir, mais dans la réalité on a vite fait de le couvrir d'empreintes digitales... Dans les nouveautés, c'est cette fois-ci du côté de Sharp qu'il faut se tourner. La marque domine nettement le catalogue de l'opérateur. En décembre, on a vu débarquer le 820SH, le 821SH et le 822SH. Le 822SH ressemble comme deux gouttes d'eau à la gamme 911SH équipé d'écran Aquos rabattable. Il a cependant le bluetooth en moins. Les 820SH et 821SH sont connus sous le nom commercial "THE PREMIUM". Ce sont des mobiles assez complets auxquels ne manquent que la fonction roaming. Ils ont de belles façades métallisées et sont proposés selon 7 tons différents. Point important selon moi, le clavier est assez particulier. Les touches ovales sont bien distinctes de la plasturgie. Quand on clique, cela répond bien ; une ergonomie non négligeable. Ces derniers temps, Softbank met particulièrement ces 2 modèles en valeur en nous martelant de publicités où figure l'infâme Cameron Diaz...
Gamme 700.
Pas de nouveauté de ce côté là. Juste quelques nettoyages de printemps d'hiver. On voit disparaître quelques vieux modèles Samsung sortis en mars dernier. Le reste de la gamme est quand même obsolète. Ils ont tous un an d'ancienneté.
On voit le 705P disparaître au profit du 705Px que je n'ai pu différencier du précédent. Les deux semblent avoir souffert d'un bug logiciel faisant rager leurs utilisateurs. Le constructeur s'est empressé de fournir une mise à jour... gamme à éviter selon moi, sauf pour les petits budgets. Je crois que le 709SC est le seul portable Softbank vendu au prix du pantone. Il m'aurait bien tenté s'il n'avait pas été ....coréen.
Windows mobile.
Jusqu'ici, cette gamme n'était pas très étoffée ; l'opérateur ne proposait que le X01HT de HTC (sorti en 2006 !!). Cet automne est apparu le X02HT suivi le mois dernier par le X01T (enfin du Toshiba) équipé de deux fois plus de ram que les mobiles HTC.
10 janvier 2008
L'habit fait le moine.
A deux pas de la maison se trouve une boutique de vêtements pour homme, dépendant de la célèbre chaîne Aoyama, qui se vante d'être entrée dans le guiness comme leader mondial des costumes pour hommes. En cette période de soldes, il faut toujours faire un tour dans ce genre de boutiques où parfois des costumes sont bradés à 10 000 Yens. Pour tout radin, c'est l'occasion unique de se vêtir correctement pour peu de frais. Ayant raté les costumes à 10 000Y lors de l'ouverture d'un magasin à Toyota récemment, j'étais assez pressé de profiter des soldes de janvier, car je manque cruellement de vêtements présentables. Si on ne me paie pas des masses, on attend cependant de moi de présenter aux élèves un style vestimentaire digne de l'établissement. Il est vrai que si je devais m'habiller comme on me paie, je viendrais en short et tongs..
Bref, je suis arrivé à Aoyama à pied, en tenue très casual (un pull à col roulé bien usé) en compagnie de ma lady butterfly, et nous avons quadrillé systématiquement les rayons à la recherche de soldes. Alors, je ne sais pas si c'est ma tenue de pauvre qui a attiré l'attention, mais un vendeur est venu nous signaler que les produits les plus soldés étaient par là-bas.... Le gars a ensuite disparu pour s'occuper de vrais clients. Il a fallu déranger une une vendeuse pour avoir des indications sur les tailles....
Déjà, les costumes à 10000Y, on peut oublier, ils sont immettables. Moches, à rayures, de couleurs immondes, et de taille "S", personne ne peut rentrer la dedans en tout cas, pas un Européen... Il faut déjà regarder dans les costumes à 29000Y... Pendant que je me change, j'entends des échanges de phrases qui sonnent à mon oreille comme "vous l'avez trouvé où vot'gaijin ?" Marrant ça, il faut se justifier quand on fréquente un étranger ?
La vendeuse prend mon tour de taille et fait "woooh!!!!" Eh oh, faut pas pousser. Dans mon pays je suis en dessous de la moyenne. Vient ensuite l'inévitable constat : les manches sont trop courtes. Les gaijins seraient donc proches des gibbons. Pour avoir un costume adapté il faut prendre plusieurs tailles au dessus et faire des retouches. Il est donc impossible de s'en sortir pour 10000Y ou même 20000Y....
Bon, je n'ai pas trop le choix. Il me faut ces costumes. Je demande donc des retouches et m'en sort pour 60000Y, soit un mois de travail.... Mon portefeuille en est encore consterné.
Hier, je retourne chercher mes costumes. Comme je devais justement aller à un cours en banlieue. J'étais déjà en costume. Même pas entré dans la boutique, je suis salué par un Japonais tout sourire. Je fais un hochement et je passe. Le gars me rattrape, me demande mon pays, puis mon âge, puis l'âge de mon frère (????), puis mon nom.... A un moment, il faut savoir arrêter. Je lui demande pourquoi il veut savoir mon nom. Pas de réponse. Je pense qu'il avait du me prendre pour le frère d'un étranger connu. Rien ne ressemble plus à un blanc qu'un autre blanc.... Je lui dis que je n'ai pas le temps et j'entre dans la boutique.
Les petits gars qui m'ignoraient la dernière fois sont toute de suite venus s'enquérir de savoir comment ils pouvaient me servir. Allez, faites-moi les courbettes auxquelles je n'ai pas eu droit la dernière fois. Faites péter le protocole des politesses et que ça saute ! J'ai donné ma commande, et le petit monsieur s'est plié en 4. Après vérification de la commande, l'honorable client est finalement raccompagné jusqu'à la sortie, ce qui est normal, mais le vendeur est sorti du cadre de son travail en m'interrogeant. Il voulait savoir quel était mon métier... Il se trompait tellement sur mon niveau social qu'il m'a inconsciemment guidé vers le parking où se trouvent de belles voitures luxueuses.... Il m'a fait penser à Louis de Funès, dans ses rôles pleins de déférence envers les grands et dédaigneux envers les pauvres.... bref, l'habit fait vraiment le moine ici.
30 décembre 2007
1 an au Japon, déjà.
Que le temps passe vite au Japon. Je viens de me rendre compte que cela fait déjà un an que j'ai pris mes marques ici. Il serait peut-être temps de faire le bilan.
1. La bouffe.
Sur le plan de la quantité, j'ai bien mangé au Japon. Hier encore, je me gavais de sushis. 4 voyages en avion, le stress, un été chaud humide et très long, une heure de vélo par jour... des événements qui ont eu un impact sur mon poids. 10 kilos de moins depuis mon arrivée. J'ai retrouvé le poids que je faisais à l'armée il y a une dizaine d'années... Je mange beaucoup moins gras qu'avant, et la balance me remercie. Pour ce qui est de la qualité, là c'est plus nuancé. On trouve de tout, mais les bons produits sont laaaargement plus chers que les premiers prix. Ce qui pour moi relève de la nécessité (fruits, légumes, viande de boeuf) ne correspond pas à mes moyens actuels. Seules les bananes sont des fruits abordables. Ca me coûterait moins cher d'aller à Osaka en car que d'acheter une belle pastèque....
En fait, pour consommer les vitamines nécessaires à une bonne alimentation, je dois acheter des bouteilles de jus de fruits et légumes. Curieusement, c'est moins cher qu'un fruit frais. Pour ce qui est de la viande, c'est la déception. La viande de premier prix est du porc de trop basse qualité pour moi. Quant au boeuf, ils l'aiment trop gras ici.
J'ai finalement compris pourquoi les baguettes japonaises étaient molles. Je pensais qu'ils n'avaient pas saisi toute les subtilités de la recette, mais c'est plus simple. C'est voulu. En y réfléchissant bien, les Japonais bouffe mou : du riz, des nouilles, des manjus, des nikumans, des gyozas, des mochis... J'ai jamais vu un indigène croquer une pomme à pleines dents. Il va la peler et la couper en petits morceaux... Donc, le pain est voulu mou.
Pour le fromage, c'est aussi la déception. Le parmesan est une imitation. Il s'agit juste de fromage américain rapé. Il y a des fromages fondus de mauvaise qualité. Il n'y a rien qui méritait un label AOC ou même l'appellation de fromage.
L'avantage de l'alimentation au Japon, c'est que pour quasiment rien, je peux me gaver de gyozas et d'oden.
2. Les transports.
J'ai redécouvert le vélo et la jungle de la conduite en ville. Pour tous les trajets de moins de 45mn, c'est vélo, une grande économie pour mon budget. C'est quand même assez dangereux en ville. C'est l'anarchie la plus totale, on risque l'accident à tous les coins de rue. Les gens tiennent leur portable ou leur parapluie et préfère jouer de la sonnette plutôt que du frein... J'ai aussi appris à mes dépends que les gens s'acharnent parfois sur les vélos pour des raisons que j'ignore. Il n'est pas rare de trouver son vélo rayé alors qu'il ne l'était pas le jour d'avant. Les gens poussent les vélos ou les balancent. Je n'ai toujours pas digéré qu'on mette mon vélo sous la pluie pendant tout un weekend...
3. La langue.
Il n'y a pas de doute, avec l'âge, on est moins à l'aise pour progresser. Il y a 15 ans, je pouvais faire 20 kanjis par semaine. J'en fais 3 par mois et encore... Heureusement, j'arrive au bout. Il doit m'en rester 300 inconnus dans la liste des gakushuu-kanjis. D'où l'importance de bien apprendre la langue, avant même d'aterrir au Japon. Une fois sur place, il y a tant de chose à faire qu'on a plus trop le temps de faire du kanji... Globalement, j'étais quand même bien content d'être déjà autonome dès mon arrivée. Je me voyais mal à mon âge ne pas pouvoir lire une facture ou un manuel...
4. Le boulot.
Bon, là c'est pas tiptop. Il y a pas grand chose à gagner dans la situation que j'ai trouvée. J'ai l'impression de faire du bénévolat, ou bien j'ai du signer un forme de servage. Je suis pressé de sortir de cette situation...
Je pense que l'enseignement français n'est pas un bon plan. Ca paie pas.
Si j'ai bien compris les locaux, c'est une langue de loosers, de gens qui ne savent pas compter, qui font la grêve tout le temps, de gens qui ne prennent pas de bains et dorment nus.... une super image...
5. Intégration.
Il est très facile de faire des connaissances au Japon. Par contre, s'y faire de vrais amis c'est une autre paire de manche.
Les gens que je rencontre n'ont pas de conversation. Ils ne peuvent parler de rien, donc je ne peux pas aller plus loin. L'autre solution serait de faire comme eux, sortir, boire jusqu'à en vomir et chanter du KAT-TUN ou du NewS.... J'y arriverai un jour, dès que j'aurai réussi à éteindre mon cerveau...
Pourtant, sur le plan culturel, j'ai déjà fait preuve d'une grande capacité d'intégration. Je suis l'actualité, je connais la plupart des personnages du petit écran, parfois leur potins, j'ai pris attitudes japonaises, au goûter je me fais des griller des mochis que je trempe dans du oshiruko. Je bois trop de thé vert. Je grignote divers mochi, senbei, et surtout les karintô au sucre noir.
Je peux aussi participer au karaoké. Je n'ai pas beaucoup de voix mais je connais pas mal d'air populaires. Les vieux sont ravis, et les jeunes éberlués... Un vieux m'a même proposé de former un duo au karaoké pour reprendre le répertoire de Kobukuro...
J'ai fini par m'habituer au tatami après plus de 8 mois à souffrir des genoux... Finalement, être un japonisé peut être un atout certain quand on veut s'intégrer au Japon. C'est limite si on me demande pas de freiner un peu mon intégration... Le Japonais de base aime à croire qu'il est le seul à apprécier et à comprendre sa culture... Il faut parfois jouer le jeu et faire le gaijin pour ne pas trop choquer..
Bon, allez, on remet ça encore un an...
12 décembre 2007
Bonenkai ou la soirée chez M. Durand.
Depuis que je fréquente ce pays, je n'avais jamais participé à une soirée de fin d'année. Tant mieux d'ailleurs. Cette fois-ci, je n'y ai pas coupé. On m'a bien sûr imposé de faire un speech en public, ce que je déteste au plus haut point. Je m'y suis résigné, en me disant que de toutes façons, le public m'est certainement familier. Grosse erreur d'appréciation : Faisant jouer leur réseau d'amis, les invités ont fait venir d'autres amis, ce qui a fait que les gens directement concernés par le bonenkai n'étaient plus qu'un quart du public. Autant dire que mon discours n'avait plus lieu d'être puisque ces gens ne me connaissaient pas. Il me fallait reprendre à zéro et me présenter à ces gens pour qui je suis juste un gaijin parmi tant d'autres, alors que je pourrais les surprendre par mes nombreuses affinités avec cette culture....
Quand est venu le moment du dîner, je me suis dit que les gens allaient se mettre en petits groupes séparés. J'ai été surpris de voir que 2 grandes tables étaient mises en place et qu'une petite table VIP était mise à part. Sur le coup, le concept d'un Japon uniforme sans trop de disctinctions sociales partait en fumée dans mon esprit. Assis malgré moi à cette table VIP, j'ai réussi à m'échapper quelques fois pour aller saluer les connaissances attablées avec les roturiers.
Alors que les vilains de la plèbe se tapaient bières sur bières, j'avais droit à du champagne aux lamelles d'or, et des vins rares. A notre table était présent un commercial qui montrait clairement ses signes extérieurs de richesse. Venu avec une Lexus (Toyota de luxe), il a prétendu avoir une cave de plus de 2000 bouteilles de bon cru. Au vu du grain de sa chemise, et de ses boutons de manchette, il est clair que le gars ne bluffait pas. Il roule sur l'or.
En général, les conversations à table restent très à terre. La culture est survolée très sommairement. Il arrive qu'on commente le téléphone portable du voisin quand on a rien à dire. Comme notre flambeur voulait se distinguer, il s'est présenté comme un fan d'histoire, ce qui est plutôt rare au Japon. Alors, on a discuté d'histoire, enfin on a essayé. Si l'histoire, c'est de dire qu'un monument italien a été construit à telle époque, dans ce cas, je crois que les Japonais étudient l'histoire dans des brochures de voyage... Je crois surtout que deux Japonais ont voulu se la jouer devant les autres en comparant différentes villes d'Italie puisqu'ils sont suffisamment friqués pour avoir traversé l'Europe en 5 jours. Pas de chance, je connais bien l'Italie, et je peux les reprendre sur l'histoire d'Europe centrale à l'époque de la Renaissance. Une fois épuisés leurs souvenirs de weekend à Rome, on a fini par parler légèrement d'histoire... Vient évidemment le sujet de la France, et de la langue française... Et là, le flambeur trouve utile de dire "Il faudrait comme le français en Afrique, que le japonais soit parlé en Chine et en Corée...." Là, il pousse un peu. Je vois que ma voisine est très moyennement convaincue. Le gars est en train de nous sortir sur un plateau le bon rôle colonisateur paternaliste du Japon en asie, en totale contradiction avec les tendances actuelles. J'en profite pour lui signaler qu'au rythme ou vont les choses, ce sont plutôt les Japonais qui vont apprendre le chinois. Non seulement il ne relève pas mais la fille à côté approuve...
A ce propos, il y a au Japon de nombreuses burikko, ces filles au sourire omniprésent envers les garçons, aux attitudes toujours positives. Elles sont entraînantes, s'habillent chic et mettent leurs interlocuteurs masculins à l'aise... Un profil hypocrite qui mérite quelques baffes, mais assez amusant à aborder. Moi qui ne suis pas du genre convivial, je me retrouve à côté d'une burikko qui me sourie pour rien, qui me dit oui tout le temps, et elle me touche l'épaule alors qu'on a pas élevé les cochons ensemble... Lorsque la soirée se termine, pour finir de nous faire baver de jalousie, le frimeur nous emmène dans sa Lexus brillante et spacieuse pour nous raccompagner jusqu'à la gare. Ensuite, je rentre avec la burikko. Pas chez moi, hein. Disons, qu'elle m'accompagne sur la route puisqu'elle habite dans mon arrondissement. Elle m'a encore touché l'épaule sans quelconque prévention, pour me signaler qu'un collègue se trouve dans le même wagon... Finalement, je descends à ma station. Je fais une grande courbette pour saluer la demoiselle, alors qu'elle est déjà passée en phase "idole", et me salue avec de grands signes de la main digne d'un photobook et affublée d'un sourire sans rapport avec le degré réel de notre relation.
Je l'ai revue depuis, elle me parle comme si on avait été amis depuis 5 ans.... Le plus marrant, c'est que je joue le jeu...
Je l'avais déjà fait il y avait quelques années avec une burikko de Kanazawa. C'est comme jouer dans un drama : On joue le rôle de gens adorables. On dit des trucs gentils qu'on pense pas et on feint une amitié réelle... Ils sont très joueurs, ces Japonais... C'est Pleasantville.
Working Poor
Alors que le sujet n'a pas souvent été abordé par les médias , car il laisse imaginer de sombres perspectives pour le Japon, NHK a diffusé un long reportage en trois parties sur les "Working Poor", ces Japonais qui triment chaque jour et s'enfoncent dans une précarité sans retour.
NHK parle de 4 millions de foyers concernés par cette situation.
Ce sont des citoyens de diverses classes sociales, qui ont tous en commun un événement qui a changé leurs revenus mensuels.
Profils type :
- employés de sociétés qui ont fait faillite. En province, quand l'industrie locale est sinistrée, c'est toute la région qui sombre.
- femmes divorcés et mères de famille. Au Japon, les femmes de plus de 30 ans avec enfants ne gagnent pas assez.
- personnes qui ont du abandonner leurs études et entrer jeunes dans le monde du travail pour soutenir financièrement leur famille.
- personnes âgées qui n'ont peu ou pas de rentes.
- membres d'une famille où l'un des parents a décédé ou nécéssite des soins.
- indépendants de branches qui doivent affronter une main d'oeuvre étrangère moins chère.
Tous ces gens sont présentés dans leur vie quotidienne. Ceux qui ont des enfants sont obligés de cumuler plusieurs emplois sous payés. Un des reportages signale un job payés 650Yen de l'heure...
Il ne peuvent pas leur payer de grandes écoles ou des cours supplémentaires pour leurs enfants. Ceux-ci seront donc condamnés à rester au plus bas de l'échelle sociale.
Quant aux personnes âgées présentées, elles sont obligées de trimer toute la journée dehors pour ramasser des canettes vides par tout temps...
Ceux dont la branche a été condamnée à disparaître à cause de la concurrence chinoise, ont été obligés de revoir leur prix à la baisse, et travaillent parfois à perte...
Bref, la situation est carrément catastrophique. Un économiste nous explique que cette situation va un jour concerner la majorité des Japonais. Concrêtement, le Japon, même s'il a une avance technologique, va régresser. Les conditions de vie sont de plus en plus difficiles. On est loin des conditions qui ont fait cette 2e puissance économique. La classe moyenne s'en prend plein la gueule. Les différences sociales sont aussi marquées qu'à l'époque féodale et on peut crever comme un chien dans l'indifférence totale... C'est aussi ça le Japon.
Pour ceux qui hésitent entre partir émigrer en Chine ou au Japon, la première destination paraît aujourd'hui plus prometteuse.
Le Japon s'essoufle...
07 décembre 2007
Caissiers et caissières incompétents...
J'ai pris mes habitudes dans certaines boutiques où je commence à identifier les gens qui bossent à la caisse. Il y a apparemment du gros turn-over, puisque les visages changent tous les 2 ou 3 mois... J'ai parfois l'impression d'être plus ancien qu'eux dans le magasin... Je trouve qu'il y a une meilleure qualité de service avec les vendeuses les plus âgées. Elles n'oublient pas les différentes formulations polies auxquelles le client a droit. Elles sont rapides et prennent bien en compte les produits en solde ou les bons de réduction.
J'avais choisi une boulangerie pour certaines brioches qui m'avaient tapé dans l'oeil. Ce qui me plaisait justement, c'était la procédure carrée qui faisait que le passage à la caisse était un rite bien rôdé, où tout se faisait avec le sourire et des gestes précis et respectueux. Jusqu'au jour où j'ai eu la mauvaise idée de changer mon planning et me repointer plus tard dans la même boulangerie. Quelle mauvaise idée j'ai eue. En soirée, les vendeuses sont remplacées par des vendeurs. Sur le coup, j'ai pas réfléchi. Je pensais que j'aurais le droit au même traitement. Bien mal m'en a pris : Pas un sourire. Le gars ressort comme un robot des phrases qui avec cette intonation apathique n'ont plus du tout l'effet escompté. On a l'impression qu'on le dérange. En regardant bien le gars, je le trouve un peu sale, débrayé, ce qui contraste avec les critères nippons. Son comportement montre un dégré de motivation proche du zéro. Arrivé au moment où il est censé me dire "patientez un instant" en déposant délicatement les brioches dans un petit sachet cartonné, il lache les brioches comme un mécanicien lacherait une clef de 12 dans sa boîte à outils. Sur le coup, je n'avais plus faim. Depuis l'incident, je n'ai pas remis les pieds là-bas. Le coup de la clef de 12 m'a suffi....
Le pire, c'est que les désagréments dûs aux caissiers ont continué. Dans la frénésie de la victoire de l'équipe de baseball locale, on a eu le droit à toute une campagne de promotions dans les différents grands magasins de la ville. J'ai fini par trouver une offre intéressante. Je suis passé un peu vite à la caisse, je n'aimais pas trop ce vendeur. J'avais eu déjà affaire à lui. Déjà, on dirait un mutant. Pourtant, je suis ne pas exigeant ; je demande pas à être servi par des idoles, mais là, le caissier ressemblait à rien. Les gens comme lui ou comme moi n'ont rien à faire derrière une caisse. A part si on veut faire fuir la clientèle. D'ailleurs si vous avez une boutique et que vous voulez la couler, prenez-nous à la caisse lui et moi, et vous verrez bien...
En plus, il parle trop vite, et comme un robot. Ce n'est qu'une fois arrivé à la maison que j'ai voulu vérifier le ticket de caisse. Le gars venait de me rouler de 2000Yen. Jamais on m'avait fait ça au Japon. Moi, j'étais en train d'enrager en me remémorant la tronche du mutant. Je n'étais pas en mesure de parlementer avec un quelconque vendeur. Je voulais juste lui gueuler dessus avec un maximum de décibels comme dans le clip d'Aphex Twin "Come to Daddy". Heureusement, j'ai envoyé quelqu'un d'autre pour contester la facture. Ils se sont pliés en deux et ont plus ou moins admis qu'étant donné la personne qui avait fait la boulette, ce n'était pas surprenant. Cet hybride crapeau-girafe ne servait apparemment à rien...
Et c'est pas fini. Comme les indigènes, j'ai pris cette habitude d'accumuler les cartes de fidélité pour avoir des réducs. Partout où je fais mes courses, je sors, soit une carte, soit un coupon pour une réduc. Arrivé en caisse, je montre le papier qui va bien. Les nombreuses erreurs m'ont démontré qu'il faut nécessairement surveiller le passage à la caisse de tous les produits et valider le ticket de caisse. Je pensais même qu'en évitant les hommes, ça se passerait mieux. Récemment, j'ai choisi une caisse où il y avait pas moins de deux caissières pour un client. Elles ont trouvé le moyen d'ignorer mon ticket de réduc alors que je l'avais posé en premier pour qu'elles commencent par ça.... Sur le coup, la notion de qualité de service en prenait un gros coup dans mon image du Japon... Alors, dès le moment où on a raté une procédure, ça devient plus compliqué. On me fait patienter à un endroit, où finalement je vais être dédommagé avec une courbette, mais on m'aura fait perdre du temps et de la considération pour le magasin...
Bref, chaque jour, je vois des vendeurs dont les compétences sont affligeantes, sans aucune motivation, à des lieues de l'exigence japonaise. Je crois qu'une des raisons à cela, c'est le type d'emploi et de rémunération. Quand on est payé au lance-pierre à 5€ de l'heure, sans sécu ou retraite, ça ne doit pas encourager à s'investir plus que ça...
04 décembre 2007
Pas de Haribo au Japon...
Dans un colis de France, j'ai reçu ça.
C'est jamais bon signe quand je commence à ouvrir un colis et que j'aperçois l'emballage rose et blanc. Tout s'enchaîne de façon dramatique : Je commence à m'acharner sur le colis sans suivre aucune méthode logique d'ouverture. Je charcute, déchire, troue... Seule compte l'extraction immédiate du sachet Tagada, par tous les moyens quitte à se casser un ongle ...(Heureusement, j'ai jamais de cutter sous la main quand ça arrive) Ensuite, délaissant le reste du colis, j'ouvre tout de suite le sachet et me gave jusqu'à l'écoeurement...
Une suggestion pour les colis suivants : Mettez le sachet en dessous ou dans un emballage moins explicite du genre "haricots verts" ou "asperges"...
02 décembre 2007
10 excursions de moins de 5000Y à partir de Nagoya.
1. Gifu pour 900Y A/R
Située à quelques kilomètres au nord de Nagoya, Gifu est desservie par JR (900Y) et par Meitetsu (890Y). Voir l'office de tourisme pour les sites à visiter : http://www.gifucvb.or.jp/en/kankou/meisyo/index.shtml C'est la sortie la moins onéreuse et le trajet le plus rapide (20mn), ce qui permet de visiter un maximum.
2. Inuyama pour 1080Y A/R
On peut s'y rendre en train avec Meitetsu en 34mn (train express). Voir l'office de tourisme pour les
sites à visiter : http://www.city.inuyama.aichi.jp/english/kankou/e_kankou.html Si on est malin, on fait Gifu et Inuyama dans la foulée puisque c'est à côté...
3. Okazaki pour 1300Y A/R
Là aussi c'est très accessible. On peut s'y rendre avec JR ou Meitetsu en un peu moins de 30mn. Voir les sites à visiter :
http://www.sun-inet.or.jp/~massa/english/kanko.htm
4. Sekigahara pour 1900Y A/R
Sortie valable uniquement pour les fans d'histoire. Site à visiter : "Sekigahara Warland" http://www.kanko-sekigahara.jp/kankou/ko-02.htm accessible en 45mn avec JR.
5. Hamamatsu pour 3780Y A/R
On peut s'y rendre en train avec JR en une heure 30 avec une correspondance à Toyohashi. Voir les sites à visiter : http://hamamatsu-daisuki.net/english/sightseeing/top.html
6. Shima pour 3800Y A/R
Sortie "loisir" qui va demander un plus gros budget. Shima propose 3 grandes attractions : le village espagnol, le marine-leisure et le marineland. Le village espagnol, c'est un parc de loisirs avec des attractions (montagnes russes, manèges...) des restaurants, des boutiques, et des bâtiments baroques espagnols ainsi que des monuments dans la plus pure tradition kitsch japonaise. Un grand dépaysement hilarant, qui fera passer Italiamura pour des petits joueurs. Marineland ne présente que peu d'intéret pour ceux qui ont déjà visité l'aquarium de Nagoya. Quant au Marine-leisure, cela n'amusera que les fans de bâteaux kitsch. Trajet : presque 2h avec Kintetsu ou JR (avec une correspondance).
7. Nara pour 4000Y A/R
Accessible en 2h30 avec les bus Meitetsu. C'est le site touristique du Kansai le plus proche avec ce moyen de transport. Je ne vais pas vous présenter Nara. Je l'ai visitée 3 fois, je ne m'en lasse pas. C'est tout simplement magnifique.
8. Kyôto pour 4000Y A.R
On peut s'y rendre à ce prix en prenant le service "highway bus" de JR. Le trajet dure 2h45. Quant à ce qu'on peut faire à Kyôto, on a que l'embarras du choix... Une journée ne suffira pas...
9. Osaka pour 4600Y A.R
Toujours avec "highway bus" de JR. Avec plus de 3 heures de trajet, cela réduit la visite à 2 ou 3 sites....C'est un voyage à bien préparer au niveau du timing. Il faut faire gaffe à pas rater le dernier bus sinon, on est bon pour prendre un billet Shinkansen à plein tarif...
10. Universal Studio Japan pour 4800Y A.R
Pour les américanisés qui vivent au Japon mais qui ne jurent que par le macdo, le rnb, Hollywood et Disneyland, USJ est un passage obligé. Cette fois-ci, c'est 4 heures de voyage, toujours avec les bus de JR. Vu le temps de trajet, vous aurez juste le temps de faire une pause pipi à USJ histoire de laisser une marque, avant de revenir à la maison....
J'ai hésité entre USJ et Shizuoka à 4500Y, mais 3 heures de route en train avec deux correspondances, c'est barbant, surtout au retour, lorsqu'il fait déjà nuit et que les trains sont moins fréquents.... 4 heures de bus, ça passe mieux, quand on est au chaud dans ses petits chaussons.... L'autocar japonais, c'est quand même autre chose niveau confort que le bus soviétique qui relie Pékin à la muraille de Chine...
28 novembre 2007
Encore des mites...
Depuis 3 jours, un morceau de feuille semblait accroché à ma fenêtre. Il ne m'a pas fallu longtemps pour découvrir l'arnaque. C'était encore une mite tentant de passer la frontière. J'ai attendu quelques jours que l'animal camouflé abandonne son sit-in devant chez moi, puis j'en ai eu assez et j'ai aspergé la bête avec du spray désodorisant Febreze ( le fabricant devrait breveter ses sprays en tant qu'insecticide parce que les insectes y sont très sensibles)
Cette mite va assez loin dans son jeu puisque lorsqu'on la pousse, elle se couche comme une feuille et fait le mort.
Pour la force à se casser, il faut la remuer un peu en l'empêchant de tomber...
Pour ce qui est des mites jaunes du quartier, on est bien content qu'elles ne fassent pas 3 mètres de long...
