10 octobre 2009
Typhon sur Nagoya.
Aux infos, j'avais entendu qu'un typhon se préparait à nous tomber dessus. J'ai un peu rouspété par rapport au fait que les infos ne nous ont prévenu que la veille, mais on m'a expliqué qu'il est difficile de connaître à coup sûr la trajectoire d'un typhon et que celui-ci, connu depuis quelques jours, a finalement perdu en puissance par rapport aux prévisions.
Je l'ai entendu passer très tôt dans la matinée. Les vents furent violents et soufflaient de façon continue et non en bourrasques comme en France.
On avait préalablement rentré les pots et objets qui auraient pu se transformer en projectiles avec des vents de 50m/s. Donc, je n'ai pas d'avaries à signaler chez moi.
N'ayant pas reçu de mail de mes clients, j'en ai conclu que les cours à donner n'étaient pas annulés. Je me suis donc rendu à la gare JR pour découvrir que les quais étaient déserts. Quelques trains à quai, principalement des Shinkansens, quelques salarymen formant la queue, des passagers sur les bancs, en train de bouquiner... Le plus intéressant, c'est de remarquer le flegme japonais face aux catastrophes climatiques. Chacun garde son calme et semble résigné face au retard et à l'absence d'affichage concernant les prochains départs. Il aura fallu une heure pour qu'on annonce un train. Et comme j'ai le cul bordé de nouilles, c'est un train qui va vers Tajimi. C'est sur ma route. J'arrive donc à ma destination avec une heure de retard, dans un train à moitié vide, où les passagers sont soit braqués sur leur portable pour signaler leur retard, soit utilisent leur portable (ou bien un camescope pour certains) pour enregistrer la scène mémorable : la gare de Nagoya vide entre 9 et 10 heures....
Pour le trajet inverse, malgré un retour à la normale officiel, le train s'arrêtait entre 2 gares pour permettre à d'autres trains de passer. Les retards furent conséquents même après le passage du typhon...
Finalement, j'ai été bien plus choqué en regardant les infos sur France2, montrant un typhon dévastateur ravageant le Japon, que vivre l'événement sur place...
09 septembre 2009
Déluge dans l'immeuble.
Lorsqu'on cherche un appartement au Japon, l'année de construction est une donnée qu'il faut absolument prendre en compte.
Ainsi quand on se retrouve dans un logement de plus de 20 ans, on sait qu'il y a des défauts : climatisation parfois en option, non conformité aux normes anti-sismiques, état des murs et des tatamis...
Avec mon 50m² à 25mn de la gare centrale, je m'estimais heureux : une pièce japonaise, une large véranda, un jardin pour faire quelques pas dehors, et une climatisation installée lors de mon arrivée.
Pourtant, on m'avait prévenu qu'un immeuble des années 80, ce n'est pas toujours de bon augure, et je comprends mieux aujourd'hui pourquoi.
Tout a commencé dans la nuit de mercredi à jeudi.
Rentré tard, je n'ai pas entendu l'élément déclencheur de l'avarie qui allait nous pourrir la nuit.
A l'entrée de l'immeuble se trouve une citerne d'eau qui alimente tous les logements. C'est vers 23h30 qu'un morceau de la citerne a été propulsé sur la chaussée, déclenchant une petite explosion. Apparemment, quelqu'un s'en est rendu compte et aurait tenté de contacter un responsable. De chez moi, j'entendais pas mal de bruit dehors, mais étant assez près de la citerne, j'ai pensé aux nombreuses personnes ayant besoin d'eau à cette heure. Ensuite, passé minuit 30, j'ai pris ma douche, et là j'ai réalisé que du pommeau ne sortait qu'un filet d'eau sans pression. J'ai pensé que la citerne était vide suite aux nombreuses douches prises au même moment (il fait chaud à cette époque au Japon et on prend plusieurs douches par jour).
C'est au moment de me coucher que j'ai réalisé que quelque chose clochait. Le bruit de la citerne était inhabituel : au lieu d'un bruit de tuyauterie, on avait droit à un formidable torrent. On entendait la pression de l'eau se déverser, mais où ???
Dans l'impossibilité de m'endormir à côté d'une cascade, j'ai réveillé Lady Butterfly à 1h30 pour l'avertir du problème.
La réveiller à cette heure-là, ce n'est pas la meilleure chose à faire, à part si on a envie de se faire traiter comme du poisson pourri. C'est un peu comme me réveiller à 5h du mat, heure à laquelle je suis capable de toutes les cruautés verbales.
Après quelques engueulades, madame s'est finalement décidée à sortir la paperasse pour trouver le numéro de téléphone d'un service à contacter en cas d'avarie.
De mon côté, je suis sorti voir la citerne. Avec une lampe torche, j'ai fait le tour de l'équipement. Il ne m'a pas fallu longtemps pour découvrir l'origine du bruit : un tuyau propulsait l'intégralité de l'eau de la citerne sur le sol de l'immeuble.
Logiquement, le son d'une cascade en plein Nagoya aurait du alerter les 40 locataires, mais aussi surprenant que cela paraisse, l'immeuble était aussi calme que d'habitude, avec de nombreuses lumières prouvant que les familles étaient encore en activité.
Donc, on a toute l'eau de la ville qui se déverse sur les fondations de notre immeuble et il y en a pas un qui sort de chez lui.
Il a fallu attendre 2h pour que quelqu'un ouvre la porte et vienne me rejoindre face à la citerne. Il faut dire que lorsqu'ils ont plus d'eau chez eux, là, ils finissent par sortir. Tant que ça les touche pas directement, ils bougent pas.
Alors, du côté des coups de fil, c'est assez ahurissant : le propriétaire ne répond pas.
J'ai demandé à ce qu'on appelle les pompiers, mais ceux-ci n'ont pas souhaité intervenir. Il y a bien des sociétés privées mais comme ils facturent, ils ont besoin de l'accord du propriétaire. On a tenté du côté des agences immobilières qui louent les appartements, mais ceux-ci se renvoient la balle. La langue japonaise permet de nombreuses galipettes verbales pour refuser d'intervenir et vous dire d'aller vous faire voir, sans utiliser de mots désobligeants, mais globalement, le message était clair : O s'en fout de votre problème.
Il existe aussi au Japon un service d'urgence qui s'appelle "mizuno kyûkyûsha", pour tout problème de voie d'eau, actif 365 jours par an, 24h sur 24. Et bien, à cette heure, ils ne répondent pas. Bravo pour l'efficacité du service.
Bref, à 3h du mat, toujours personne pour intervenir et l'eau coule toujours à torrent.
On commence à voir un début d'inondation dans les fondements de l'immeuble. La terre détrempée commence à sentir.
Je me dis qu'on vient d'absorber les intempéries de 2 mois et que tout va pourrir ici avec un tel taux d'humidité.
C'est en se mettant au 2e étage qu'on a pu constater l'origine du problème. Une paroi de la caserne a cédé, créant 2 failles béantes. La paroi étant inclinée, les tuyaux se retrouvent désaxés et envoient l'eau directement sur le sol.
Vers 3h30, on commence enfin à être un petit groupe : 4, 5 personnes. On tente d'appeler un peu partout.
Une fourgonnette d'un gars, dont je n'ai pas compris l'affiliation, arrive. spécialisé dans les travaux sur les canalisations d'eau, il nous fait comprendre qu'il n'a pas le droit d'intervenir sans accord du propriétaire, toujours injoignable.
Finalement, il trouve le point d'entrée de l'eau de la ville et coupe l'arrivée d'eau.
On est donc sauvés à 4h30 du matin, sauf qu'on a plus d'eau pour se raser, pour tirer la chasse, pour faire des rameens, la lessive et la vaisselle. Le concierge se pointe à 6h avec des jerricans et des tuyaux.
Certaines personnes ont commencé à grogner du fait qu'ils avaient plus d'eau, probablement les mêmes qui faisaient profil bas pendant la nuit.
Finalement, l'heure est arrivée d'aller bosser. J'avais dormi en tout et pour tout 15 minutes.
Ce fut ma plus longue journée, puisque le travail s'est terminé à 21h.
Ils ont remis l'eau pour ne pas léser les locataires, mais sans réparer la citerne.
Ils ont juste tenté de tordre la paroi pour limiter les fuites d'eau, ce qui a généré des fuites plus faibles mais constantes.
L'incident s'est passé il y a 2 semaines de cela et les travaux de remplacement de la citerne viennent de commencer ce matin, alors que les bruits anormaux ont continué quotidiennement.
L'eau de la ville a été gâchée pendant toute cette période.
J'ai prévenu que je ne paierai pas l'eau non consommée....
Ah, le service au Japon, ce n'est plus ce que c'était....
Cela aurait été la maison du premier ministre, c'était réparé dans l'heure, mais dans les quartiers populaires, on pourrait vous laisser vous noyer tant que vous dérangez pas quelqu'un d'important.
13 juillet 2009
Changement de saison
Jusqu'en fin mai, c'était le paradis.
Plus de 20 degrés en journée, et une brise rafraichissante le soir. Idéal, lorsqu'on rentre en vélo le soir.
Et puis, dès la deuxième semaine de juin, l'humidité est arrivée.
On s'y habitue peu à peu, mais cela devient plus pénible avec l'augmentation constante des températures...
Depuis quelques jours, j'entends des cliquetis, des micro stridulations... Je reconnais cet infâme bruit. Je cherche mais je ne trouve pas l'affreux animal. Depuis 2 jours, la température semble se stabiliser au dessus de 29 degrés, et il est arrivé ce que je redoutais tant. Les quelques cliquetis discrets se sont transformés subitement en longues complaintes. Bref, les cigales sont de retour.
Sinon, mon voisin a déménagé. En 3 ans, j'ai du le croiser 4 fois où il n'a pas eu d'autre choix que de me saluer, ce qui n'est pas le cas des autres voisins. Finalement, son déménagement fut une bonne chose. Sa copine était une pro pour tout faire en talons haut et ongles vernis. Elle mettait le linge à sécher de telle façon que le soir la moitié était par terre. Au vu des poubelles, je pouvais deviner que son truc, c'était les plats préparés. Ah, les poubelles.... Pendant ces 3 ans, le voisin en a fait collection. Il stockait de nombreux cartons vides sur le balcon. A-t-on jamais eu l'idée de stocker des cartons dans un pays où l'humidité prédomine ?
Les chats adoraient y venir pisser. Un gros seau rempli d'eau servait d'incubateur à moustique... C'était vraiment le le boxon. J'adorais prendre des photos de son balcon pour les montrer aux Japonais....
Tout ça, c'est fini. Ils sont partis un dimanche. Une vieille dame est arrivée et a provoqué une tornade blanche là-dedans.
Elle a frotté toutes les surfaces du balcon, fait 3 gros sacs poubelles avec toutes les saloperies trouvées dans l'appart....
Conséquence de cette tornade blanche, un squatteur du voisin s'est invité chez moi.
Il a sans doute cru qu'il y serait en sécurité.
Je lui ai fait lire le journal de très près. En deux coups très rapides.
Sonné mais pas tué, il s'est vite retrouvé balancé à l'extérieur sans avoir le temps de protester....
Le lendemain, j'ai retrouvé les elytres dans le couloir extérieur.
Quelqu'un avait explosé l'animal dont il ne restait que des micro-morceaux...
09 mai 2009
Les alentours de la gare...
La quartier de la gare de Nagoya dépend de l'arrondissement Nakamura. On appelle ce quartier Meieki. Bien que ce soit le lieu où se pressent le plus grand nombre de passagers, il ne se situe pas au centre de la ville mais à l'ouest.
Nagoya Twins towers surmonte le bâtiment de la gare.
Hôtels, gare routière, restaurants, Halls, grands magasins, les Twin Towers sont une ville à elles-seules....
Au niveau de la gare il existe un étage invisible uniquement pour les agents de Japan Rail.
Spiral Tower est le dernier gratte-ciel de la ville. Lorsque la nuit tombe, il apporte un léger halo bleu au quartier.
Quelques clichés à l'est et à l'ouest de la gare...
05 septembre 2008
On embarque les vélos qui traînent !
Je m'étais promis de les prendre en photos.
Voilà donc les camions de la mairie en pleine action.
Dans un premier temps, les agents déposent des étiquettes sur les vélos passant la nuit sur place. Ensuite, un certain temps passe. Puis vient le moment de la récolte. L'équipe de choc se met en place à l'aide de petits skates à roulettes équipés pour poser la roue des vélos bloquée par une chaine antivol. Cela facilite grandement le déplacement des vélos en stationnement illégal. Comme d'habitude, la pêche est bonne et les deux camions ne sont pas de trop pour stocker les 2 roues épaves...
Cela fait du bien car régulièrement, le parking à vélo déborde.
Pour ressortir son vélo de là le soir, il faut nécessairement faire du rentre dedans dans la masse métallique ou bien soulever son vélo au niveau des épaules...Je ne suis pas culturiste, moi.
En général, je retrouve des impacts sur ma carrosserie, ce qui m'énerve prodigieusement...
Aujourd'hui, au moment où je garais mon vélo en centre ville, j'ai été harponné par un gars qui faisait des enquêtes sur les utilisateurs de vélo. J'ai accepté de me soumettre à son enquête parce que j'avais un peu d'avance sur mon planning et que je voulais voir si j'étais apte à comprendre un sondage en japonais. Il a fallu que j'explique au gars la fréquence de mon passage ici, les raisons qui me poussent à choisir le vélo. Il a été surpris que je choisisse l'option" c'est bon pour la santé". Je lui ai expliqué que j'adore le vélo mais que dans mon pays, c'est carrément suicidaire d'en faire en centre-ville car les conducteurs nous ignorent, s'amusent à ouvrir leurs portières juste à notre passage et si à la suite d'une queue de poisson on décide de retourner sur le troittoir, on se fait copieusement insulter par les piétons...
J'ai aussi évoqué le prix du métro de Nagoya par rapport à celui de Tokyo. Il a fallu que je dessine mon trajet sur un plan...
Je crois qu'il s'agit d'une enquête de marché pour une société de location de vélo.
Finalement, j'ai tout pigé de son sondage. Ca m'a un peu soulagé parce que j'ai toujours un problème aux caisses lorsqu'ils finissent par me demander si je veux un sac plus grand, une paille ou un sachet de glaçons... Je passe pour un demeuré juste à cause de leur dernière phrase alors que finalement, s'ils arrêtaient de foutre des nasillards, des pros du Hayakuchikotoba ou des gens qui parlent dans leur barbe, on pourrait saisir leurs baragouinages....
13 juillet 2008
Vue de mon arrondissement
J'ai profité d'un déjeuner dans l'un des plus fameux restaurants français de la ville, Mikuni, pour prendre mon quartier en photo.
J'ai beau zoomer, de haut, c'est quand même assez moche, le Japon urbanisé. Du béton, du métal, de la rouille, des parkings, des immeubles aux architectures éclectiques, sans aucune harmonie. (le Baron Haussman aurait rasé ça brutalement) J'ai l'impression de vivre sur un circuit imprimé...
Vélo pliable.
L'avantage de certains city-bikes, c'est justement qu'ils sont pliables en deux. Cependant, il arrive parfois qu'on retrouve un vélo un peu plus plié que prévu. Ici, j'ai du prendre une photo parce que le pliage était assez avancé, laissant imaginer un certain acharnement : le vélo trainait depuis très longtemps sur ce trottoir en toute illégalité. Il a été plié sauvagement une première fois, puis une deuxième, puis finalement a été transformé en un paquet de métal replié sur lui-même. Je soupçonne les habitués ou les tenants d'un petit restaurant juste en face d'avoir fait ça....
10 février 2008
Le parc du quartier...
Mon quartier sous la neige.
Hier, il est tombé quelques flocons. 13 cm pour être précis.

Une soupe blanche à l'est et à l'ouest. Je ne voyais ni les montagnes ni les tours du centre-ville.

Premier réflexe, j'ai couru acheter une paire de gants et j'ai lancé des boules de neige dans l'avenue principale, alimentant ainsi la criminalité étrangère au Japon. Jusqu'à ce que j'entende un gros "pok!" Une voiture venait de se prendre une colonne prévue pour empêcher les voitures de se garer. Les passants ont commencé à s'agglutiner tout en restant à distance. L'un deux a dit "...le conducteur...". J'ai cru qu'il y avait un blessé et je suis allé au devant du véhicule pour voir si tout allait bien. Là, surprise, pas de conducteur. La voiture était en warning et s'était déplacée seule jusqu'ici. Les traces de pneus montrent que le véhicule était garé de l'autre côté de la rue, face à une boutique. Quelques instants plus tard, le conducteur est arrivé en courant alerté par le fait que sa voiture ne l'attendait plus. La foule déjà a distance du véhicule s'est dispersée en un instant. Le gars aurait très bien se trouver dans la bagnole en train de pisser le sang, les gens ne se serraient pas mouillés. Chacun sa merde.
Je suis resté au cas où le gars aurait besoin que quelqu'un lui raconte ce qui s'est passé.... Il avait l'air surpris. Il m'a demandé qui était au volant. Je lui ai dit "personne ! vous aviez mis votre frein ?" "oui !".. Faudra qu'il change de garagiste, celui-là.
Je voulais prendre plus de photos mais avec le froid, l'humidité, mon appareil photo a commencé à se comporter curieusement. D'abord, il a émis des bruits douloureux lors de la mise au point, puis la partie téléscopique a fini par se gripper. Il ne s'est remis de ses émotions qu'une fois au chaud...
10 janvier 2008
L'habit fait le moine.
A deux pas de la maison se trouve une boutique de vêtements pour homme, dépendant de la célèbre chaîne Aoyama, qui se vante d'être entrée dans le guiness comme leader mondial des costumes pour hommes. En cette période de soldes, il faut toujours faire un tour dans ce genre de boutiques où parfois des costumes sont bradés à 10 000 Yens. Pour tout radin, c'est l'occasion unique de se vêtir correctement pour peu de frais. Ayant raté les costumes à 10 000Y lors de l'ouverture d'un magasin à Toyota récemment, j'étais assez pressé de profiter des soldes de janvier, car je manque cruellement de vêtements présentables. Si on ne me paie pas des masses, on attend cependant de moi de présenter aux élèves un style vestimentaire digne de l'établissement. Il est vrai que si je devais m'habiller comme on me paie, je viendrais en short et tongs..
Bref, je suis arrivé à Aoyama à pied, en tenue très casual (un pull à col roulé bien usé) en compagnie de ma lady butterfly, et nous avons quadrillé systématiquement les rayons à la recherche de soldes. Alors, je ne sais pas si c'est ma tenue de pauvre qui a attiré l'attention, mais un vendeur est venu nous signaler que les produits les plus soldés étaient par là-bas.... Le gars a ensuite disparu pour s'occuper de vrais clients. Il a fallu déranger une une vendeuse pour avoir des indications sur les tailles....
Déjà, les costumes à 10000Y, on peut oublier, ils sont immettables. Moches, à rayures, de couleurs immondes, et de taille "S", personne ne peut rentrer la dedans en tout cas, pas un Européen... Il faut déjà regarder dans les costumes à 29000Y... Pendant que je me change, j'entends des échanges de phrases qui sonnent à mon oreille comme "vous l'avez trouvé où vot'gaijin ?" Marrant ça, il faut se justifier quand on fréquente un étranger ?
La vendeuse prend mon tour de taille et fait "woooh!!!!" Eh oh, faut pas pousser. Dans mon pays je suis en dessous de la moyenne. Vient ensuite l'inévitable constat : les manches sont trop courtes. Les gaijins seraient donc proches des gibbons. Pour avoir un costume adapté il faut prendre plusieurs tailles au dessus et faire des retouches. Il est donc impossible de s'en sortir pour 10000Y ou même 20000Y....
Bon, je n'ai pas trop le choix. Il me faut ces costumes. Je demande donc des retouches et m'en sort pour 60000Y, soit un mois de travail.... Mon portefeuille en est encore consterné.
Hier, je retourne chercher mes costumes. Comme je devais justement aller à un cours en banlieue. J'étais déjà en costume. Même pas entré dans la boutique, je suis salué par un Japonais tout sourire. Je fais un hochement et je passe. Le gars me rattrape, me demande mon pays, puis mon âge, puis l'âge de mon frère (????), puis mon nom.... A un moment, il faut savoir arrêter. Je lui demande pourquoi il veut savoir mon nom. Pas de réponse. Je pense qu'il avait du me prendre pour le frère d'un étranger connu. Rien ne ressemble plus à un blanc qu'un autre blanc.... Je lui dis que je n'ai pas le temps et j'entre dans la boutique.
Les petits gars qui m'ignoraient la dernière fois sont toute de suite venus s'enquérir de savoir comment ils pouvaient me servir. Allez, faites-moi les courbettes auxquelles je n'ai pas eu droit la dernière fois. Faites péter le protocole des politesses et que ça saute ! J'ai donné ma commande, et le petit monsieur s'est plié en 4. Après vérification de la commande, l'honorable client est finalement raccompagné jusqu'à la sortie, ce qui est normal, mais le vendeur est sorti du cadre de son travail en m'interrogeant. Il voulait savoir quel était mon métier... Il se trompait tellement sur mon niveau social qu'il m'a inconsciemment guidé vers le parking où se trouvent de belles voitures luxueuses.... Il m'a fait penser à Louis de Funès, dans ses rôles pleins de déférence envers les grands et dédaigneux envers les pauvres.... bref, l'habit fait vraiment le moine ici.














