Le sujet a fait l’objet d’un mail collectif de la part de l’Ambassade : Le retour au pays est souvent plus difficile que l’installation au Japon. Rien n’est prévu pour accompagner les candidats au retour qui doivent repasser par toutes les étapes administratives et qui ne disposent plus du même réseau social.  Il est de la responsabilité de l’expatrié de prendre en charge son retour. Seulement, en pratique, cela se passe assez mal et l’ambassade aimerait bien que la métropole mette en place quelques procédures pour simplifier les démarches.

1. Ce qu’il faut savoir, c’est que lorsque l’on quitte son pays, on signale son changement de résidence au service des impôts. On dépend ainsi du service des non-résidents. Lorsque l’on rentre, il faut donc leur demander de transmettre le dossier au service des impôts le plus proche de votre résidence… Personnellement, j’ai pu constater de forts dysfonctionnements entre l’impuissance des agents locaux m’expliquant qu’ils ne peuvent rien faire, et les silences du service des non-résidents à qui il faut expliquer qu’ils nous mettent dans l’illégalité. Il faut chialer et demander des noms de responsables pour qu’ils interviennent et traitent le dossier. Être correctement réintégré fiscalement m’a ainsi demandé plus d’un an.

2. Les banques. Je pense qu’il y a là un problème de société qui va au delà du sujet que j’aborde. Dans une société prétendument capitaliste où les banques ne remplissent plus leur fonction première qui est de permettre l’ouverture de compte et de prêter de l’argent, on ne peut aller que vers un déclin généralisé. Voici mon expérience personnelle : De retour au pays, je me suis retrouvé avec mes économies en liquide. Il me fallait changer tout cet argent et le placer dans une banque. J’avais déjà un compte à la société générale, mais je n’étais pas très chaud pour mettre tous mes oeufs dans le même panier. en 2010, suite à la fusion RSI-URSSAF, leur logiciel avait buggé et m’avait réclamé de l’argent alors que je n’étais plus en France et que je n’y avais plus aucune activité professionnelle. Un huissier avait donc vidé mon compte. Heureusement, ils ont remis les fonds par la suite, mais entre temps, l’huissier a gardé sa commission… bref, je me suis dit, essayons d’ouvrir un autre compte. En regardant une pub à la télé, je me suis dit qu’une banque en ligne pouvait faire l’affaire, d’autant plus que cela avait l’air facile… J’ai donc appelé Hello Bank, qui m’a expliqué que ce type de compte s’adressait à ceux qui ont déjà des revenus mensuels fixes (plus de 1500 euros par mois) et qu’il serait mieux pour moi d’ouvrir un compte en agence. Bien gentils, ils m’ont pris un rendez-vous avec une agence au dessus de laquelle j’habitais. Une semaine d’attente pour descendre un étage plus bas. Je vais au rendez-vous, tout semble aller bien, puis elle réalise qu’il se pourrait que je déménage dans l’année… gros silence… La fille se fige. On reste comme ça un certain temps… Ensuite, elle commence à m’expliquer qu’on s’engage avec des gens du coin, qui y vivent et y travaillent. On a donc une fille qui n’est pas du coin, qui sera transférée dans une autre agence, qui ne veut pas ouvrir de compte à quelqu’un qui a grandi ici… Super.  Je passe devant un Crédit Agricole dont la devanture affiche le slogan “ ouverture de compte immédiate”. Ils me renvoient vers une autre agence, un peu plus grande. Juste pour une ouverture de compte, je suis reçu par la Directrice, qui ne prend aucune décision. Elle me dit que c’est envoyé à la maison mère. Une semaine après, je suis reçu à nouveau pour apprendre que la maison mère a refusé ma demande sans motif. A quoi sert une directrice de banque qui doit faire valider les ouvertures de compte ?? bref, je n’ai finalement jamais réussi à ouvrir de compte en France. Sans le savoir, je suis peut-être sur une black liste ?? A titre de comparaison, je suis entré la semaine dernière dans une banque japonaise. Un peu timidement, j’ai dit que je venais pour une ouverture de compte. La fille m’a remercié pour mon choix et est allée me chercher un formulaire tout en s’excusant de la file d’attente. 45 minutes plus tard, j’avais mon compte au Japon.

3. Pôle Emploi. Il y a beaucoup de choses à dire. J’avais connu l’ANPE et testé leurs prestations dans le passé. Cela s’était plutôt bien passé puisqu’à chaque fois, j’obtenais un CDI au bout d’un mois. Avec Pôle emploi, c’est une autre histoire. On remplit la case des métiers déjà exercés, et ils proposent de repostuler pour les mêmes. Rien d’autre. Les annonces sont en majorité des moutons à cinq pattes où il faut être jeune, très diplômé, très expérimenté, et sans prétentions… Pour donner du travail aux employés de Paul Emploi, on crée des sessions de groupe qu’on annule au dernier moment parce qu’un candidat est manquant. On m’a fait le coup deux fois. On nous demande de repostuler pour un job à mi-temps où l’on a déjà été refusé alors que l’annonce a été remise en ligne avec des conditions encore moins intéressantes que la première fois… On se retrouve à des rendez-vous où rien ne se passe… où aucun poste n’est proposé, on comble le vide avec des platitudes du genre “regardez, j’ai 53 ans et j’ai retrouvé du boulot”. Mais madame, tu bosses pas dans le privé, toi. Si t’avais pas le pôle emploi, tu serais où ? Ca te dirait que ton mari ait les emplois que tu me proposes ? des trucs à 600 euros le mois avec horaires décalés ?  N’ayant pas beaucoup de tact, j’ai été transféré d’une agence à l’autre deux fois et finalement, la dernière employé a préféré zapper les rendez-vous trimestriels obligatoires…  Pourtant, de l’emploi, il y en a plein. C’est par le réseau que ça passe. Quand un besoin existe, l’employeur préfère utiliser son réseau que de faire appel au Pôle. Finalement, le Pôle n’a quasiment aucune efficacité. Il vend du vide et coute plus qu’il ne rapporte...

4. Le fameux bien vivre ensemble. Ce qui est magique en France, c’est qu’on n’a ni races, ni couleurs, ni communautés… C’est le bien vivre ensemble, et ça marche. C’est la magie du socialisme et de la République. On utilise des mots et on les vide de leur sens pour affirmer le contraire… Ainsi, tout gouvernant affirmera avec aplomb que le chômage baisse, que la démocratie progresse et que l’on construit une Europe sociale… Malheur à tout expatrié qui aurait le malheur de voir l’évolution de la France différemment… Pourtant, il ne faut pas longtemps à l’ex-expatrié pour voir que le communautarisme est de rigueur, que les quartiers sont de moins des lieux de cohabitation et que l’ambiance dans les transports en commun est tendue… Dans mon ancien quartier, des communautés en ont remplacé d’autres. Certains ne veulent plus rester. Ils comptent leur jours. Le bien vivre ensemble avec la situation économique actuelle est un joli bouquet de fleurs qui va vous exploser à la gueule, mais continuez de construire une Europe sans passé, sans frontière, sans histoire, sans peuple, avec des gens sans couleur, sans ethnie, sans genre et sans passeport et voyons donc où tout cela va nous mener…