Déplacements administratifs, sorties organisées, escapades impromptues… J’ai pas mal bougé ces derniers temps et les photos se sont accumulées. Il est temps de reprendre ce blog en main et de vous faire partager ces images.

Lors des évènements de Fukushima, les mails d’informations que je recevais se focalisaient sur la communauté française de l’Est du Japon. Ceux-ci devaient s’attendre à être évacués en fonction de l’évolution de la crise. Chacun devait s’assurer d’avoir ses papiers (en règle) sous la main. Pas particulièrement concerné, j’ai quand même jeté un coup d’œil à mon passeport, pour m’apercevoir avec surprise qu’il était sur le point d’expirer… Cela ne tombait pas vraiment au bon moment puisque le visa était aussi à prolonger par la même occasion, ce dernier nécessitant que le premier soit valide… Je contacte les autorités françaises qui m’expliquent qu’ils ont d’autres chat à fouetter actuellement et qu’ils s’occuperont de mon cas plus tard. Effectivement, je ne me permettrais de passer avant d’éventuels réfugiés, alors je n’insiste pas. Ils devaient être sous pression pour m’envoyer balader. Finalement, ils me recontactent pour me proposer une date, et c’est parti pour Kyôto le mois suivant.

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Si Kyôto est célèbre pour ses nombreux monuments historiques, la gare jure carrément avec cette image. Ce bâtiment me rappelle mes cours d’architecture au lycée. On nous montrait en diapo, les œuvres d’architectes français. Tous rivalisaient pour obtenir les formes les moins habitables possibles. Toutes leurs audaces étaient félicitées par le milieu architectural… On me présentait ces artistes comme des génies. Critiquer Le Corbusier m’aurait valu un boycott à l’époque. On voit que ces gens-là n’ont jamais eu à vivre dans des HLM construits par ces génies. Ils cherchent des formes, des associations de couleur, des perspectives rares, des espaces optimisés, mais ne se sont jamais posé la question de savoir si ça se fondait dans le décor, si c’était écologique, et si ça n’allait pas être déshumanisant… La gare de Kyôto est aussi dans cet esprit de recherche : un mélange d’aéroport, du quartier de la Défense et de Vélizy2.

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On sait pas trop si on doit prendre un caddie et faire ses courses ou s’engager vers le terminal une heure avant le décollage… Les fans de Kyôto peuvent penser ce qu’ils veulent, mais en ce qui me concerne, un bombardement ou un dynamitage serait le bienvenu pour montrer ce que je pense de l’intégration de ce bâtiment…

 

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On réalise qu’on est pas du tout du côté de Tôkyô…

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Sur les hauteurs de la ville, on retrouve enfin le capharnaüm architectural japonais : cette gestion de l’espace chaotique qui fait que ça va dans toutes les directions, en dépit des pentes, tout ça recouvert d’un réseau articulé de câbles aériens… Pour moi, la grammaire japonaise est à l’image de leur architecture.

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Au détour d’une rue, j’entends parler français. Une touriste se demande à quoi sert un certain bracelet vendu dans une boutique d’objets religieux. C’est un couple de Français. Je leur explique que ce sont des chapelets qui permettent de réciter des sutras.  C’est assez surprenant de voir des Français. Ils sont nombreux à avoir déserté le pays. Ceux-ci vivant déjà l’étranger, ils ont décidé de constater par eux-même la situation au Japon plutôt que de se fier aux rumeurs les plus alarmistes… et ils n’ont pas  été déçus. Ils apprécient leur séjour.

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kyoto-rue11Avril est très agréable au Japon et en particulier à Kyôto. L’air ni est pas trop humide et il fait déjà bien plus doux qu’en France. L’ensoleillement est aussi de mise.

 

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Ci-dessous, une photo qui résume bien l’ambiance dans les allées les plus fréquentées, à une période où les touristes étrangers se font plus rares.

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Oh, un pont minuscule en béton…  Pas question de traverser ça sans l’accord de mon assureur.

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Je ne vous ai jamais caché que je n’étais pas fan de Kyôto, sans doute à cause du tourisme effréné qui fait monter les prix. Le dialecte y est aussi assez différent de ce qu’on entend à Osaka avec des intonations que j’interprète comme de la fierté locale. Le réseau de transport est cher et pas toujours très cohérent. Pourtant, je continuerai d’y aller car les sites à visiter sont assez nombreux et il y a toujours moyen de s’éloigner des lieux les plus fréquentés.