un pays fourmidable

photos du Japon. Articles sur la vie à Nagoya et conseils de survie pour crevards étrangers en milieu nippon.

19 novembre 2007

Un voisin en embuscade.

Dans ma rue, je tombe très rarement sur des voisins. Le seul jour où j'ai pu faire leur connaissance fut à l'occasion d'un petit incident : un chaton isolé sur un toit qui miaulait depuis des heures. Tout le monde était à sa fenêtre et nous avons dû collaborer pour sauver l'animal. Après cet épisode, les rencontres se sont raréfiées. Certains habitants ne me saluent jamais, d'autres font un petit bonjour avant de disparaître. Au deuxième étage, un père de famille prend l'habitude de me saluer. Il ordonne aussi à ses enfants de me dire bonjour. Il arrive aussi qu'il engage la conversation pour essayer d'en savoir plus sur l'étranger. Il fait des remarques comme "vous venez d'acheter des gâteaux ? Moi aussi, je vais en chercher" ou bien "ah, vous allez travailler ? Vous travaillez tard"....C'est souvent l'occasion pour lui d'en savoir plus sur moi. En général, les questions sont toujours dans un sens. Ce qui les intéresse, c'est de savoir absolument d'où je viens, ce que je fais, et ce que je compte faire...
J'avais aussi remarqué un petit vieux avec une casquette blanche. Je voyais bien qu'il m'avait observé attentivement.
Quelques jours plus tard, je l'ai aperçu en embuscade près des boîtes aux lettres. J'ai continué ma route jusqu'au parking à vélo. J'ai à peine eu le temps de descendre du vélo qu'il était déjà devant moi. Et vu la distance entre les boîtes aux lettres et le parking à vélos, j'en ai conclu que le type m'attendait.... Sa première question alla droit au but évitant le tact habituel des japonais : votre loyer est de combien ?

Je pourrais aisément l'envoyer ballader, mais quand on est étranger dans un quartier, il ne vaut mieux pas se fâcher avec des vieux qui auront vite fait de parler à tout le quartier. Ici, la notion de vie privée est très relative, et il faut lâcher du lest pour rassurer les indigènes. Je lui dis quel est mon loyer, et il enchaîne directement sur "C'est cher.... et votre entreprise ?" Il est très facile de deviner là où il voulait en venir. "Il y a un étranger. Comment il vit ici ?" Je n'ai pas trop envie de lui dire où je bosse, combien je gagne... alors je simplifie en lui donnant le nom d'un employeur respecté dans le coin. Il repart satisfait (pour l'instant).

En fait, ce qui me fait peur avec les vieux du quartier, c'est qu'ils me demandent un jour de participer au tri sélectif des ordures. Apparemment, il doit y avoir des volontaires ou bien des résidents affectés à cette tache. Tous les lundis matin, il faut être à 7h20 à l'intersection et récolter toutes les sacs poubelle bleus du coin.... Je crains qu'on me demande d'être de corvée comme les autres. ce n'est pas par fumisme que je souhaite m'y soustraire, ça me ferait plaisir de participer à une activité de quartier, mais à 7h20 je dors encore profondément. Je travaille trop tard pour qu'on puisse me sortir du lit avant 8h00.

Posté par Stingray à 11:21 - Mon quartier - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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