Sujet d'actualité sensible suivi par la plupart des étrangers du Japon, la situation financière de N__A, célèbre école de langues dont on trouve l'enseigne quasiment partout au Japon.
Je ne vais pas rentrer dans les détails puisque cela est débattu un peu partout sur le net. Je suis de près les rebondissements de cette histoire :

- parce que cela concerne un nombre important d'étrangers, (cette société était le premier employeur d'étrangers du Japon).
Lâcher dans la nature 4000 chercheurs d'emplois dans l'enseignement en plus de ceux qui existent déjà, ne va pas améliorer les conditions du milieu : j'imagine une baisse des tarifs horaire et une paupérisation aggravée des enseignants...

- parce que je suis très curieux de savoir ce qu'il va advenir des étrangers qui se retrouvent sans emploi et sans ressources nécessaires. Est-ce que les différents États concernés vont intervenir ou bien est-ce que le pire scénario va se produire ?

Tout ça n'est pas réjouissant. Je pourrais presque exprimer de la compassion pour ces 4000 personnes. Je dis presque parce que pour me permettre de ressentir de la pitié envers eux, il faudrait déjà que je puisse avoir une meilleure situation.

Ce ne sont pas des freeters. Ils ont avaient des paies régulières, un employeur attitré, des fiches de paie, un visa fourni, parfois un appart, et au moins 200 000yens (je n'en gagne pas la moitié) ainsi qu'une méthode d'enseignement prémachée qu'il suffit de suivre...

Je bosse à la mission (donc, quand il n'y en a pas, je n'ai pas de revenus), je n'ai pas eu de société garante pour un quelconque visa, pas d'aide pour un appart, et mes cours, j'ai bûché et je bûche encore depuis presqu'un an pour les adapter à mes clients. Cette école de petits lapins roses aurait été pour moi un catapultage à 6 étages au dessus dans l'échelle sociale.

Donc, je ne sais pas trop quoi penser...

D'un côté, je croise les doigts pour ceux dont l'enseignement est une profession de foi et qui ont accepté de descendre bien bas pour s'adapter à la méthode "lapin rose". Je ne leur souhaite que d'être repris par la concurrence.

De l'autre côté, il y a ceux qui claquaient leur paie en sortie tout le temps et qui se sont donc trouvés à sec dès le premier retard de paie, et puis pas mal d'anglophones pour lesquels un visa tourisme aurait été plus adapté (aucun progrès en japonais, pas d'effort d'intégration...) A ceux-là, qui ont pris du bon temps et qui sont outrés de s'être fait entuber, je n'ai rien à leur dire, à part peut-être "Bon Voyage"....

Curieusement, je ne suis pas totalement mécontent de la fermeture de cette société et je ne pense pas être le seul. Si la paie reste intéressante pour quelqu'un comme moi, les conditions de travail relatées sur différents forums font penser à du servage en bonne et due forme et à de l'enseignement en batterie qui n'a d'enseignement que le nom...