26 juillet 2007
Le vélo - 4e partie
Les plaisirs de la conduite en vélo au Japon.
Tout d'abord, en tant que cycliste, le premier bonheur, c'est de savoir qu'on est reconnu en tant que véhicule dans la circulation. Il fut un temps, où dans mon pays d'origine, il n'y avait rien de plus flippant pour moi que de prendre mon vélo en ville. Les piétons ne supportent pas les vélos sur les trottoirs et le font savoir de vive voix. Quant aux conducteurs, soit ils pestent à la vue d'un deux roues, soit ils font comme s'il n'existaient pas et cela ne leur pose aucun problème d'ouvrir leur portière sans regarder au risque de tuer un cycliste. Pire, si on se plaint, ils klaxonnent comme si la faute ne venait pas d'eux.... Le cycliste subit un racisme de la pire espèce puisqu'il est entouré de prédateurs qui refusent sa présence sur le goudron.
Au Japon, les automobilistes regardent mon vélo comme un véhicule à part entière, et lorsque je suis arrêté à une intersection où se trouve une voiture, c'est poliment que l'automobiliste m'invite à passer le premier. Selon l'endroit, c'est moi qui lui propose de passer en premier, et ça se passe bien, avec le sourire. Si je suis sur le trottoir, les piétons s'écartent pour me laisser de la place. Je ralentis à leur approche et j'évite d'utiliser la sonnette quittte à rouler derrière eux un certain temps.
Si le trottoir est impraticable, je prends la décision d'emprunter la route, et personne n'y trouve rien à redire, du moment que je respecte les autres véhicules. C'est super reposant de rouler au Japon.
Face à un vélo, chacun se rabat à sa gauche (enfin, ceux qui ont compris le code de la route). Parfois, il arrive que le cycliste en face se rabatte du même côté que moi. Dans ce cas, on s'arrête pour éviter le choc, on s'excuse poliment, et on repart chacun de notre côté. C'est aussi simple que ça et on est pas obligé de se lancer des noms d'oiseaux ou d'en venir aux mains...
Autre point.
J'ai eu le plaisir de rouler côte à côté avec une libellule. Je me demande s'il n'y a qu'au Japon que cela peut se produire.
Parfois, les hirondelles passent à proximité et s'amusent à couper la route juste devant moi...
Là, où c'est moins amusant, c'est lorsqu'on se retrouve à rouler côte à côte avec un frelon rouge. Dans ce ca là, je trace.
La technique du "je cherche le vieux con".
Lorsque c'était l'hiver, j'évitais les grandes artères animées, pour prendre les rues parallèles sans piéton. Cela me permettait d'aller à fond sur une partie de mon trajet. Avec les jours chauds, c'est l'inverse, j'emprunte l'avenue principale bordées de grands magasins pour la simple et bonne raison que les climatiseurs des magasins font un peu baisser la température de l'avenue. Evidemment, on roule moins vite à cause la masse piétonne. Donc, je cherche le vieux con. Il a entre 40 et 50 ans. Il a un vélo classique, il a pas l'air facile...Il ne roule pas comme les autres. Alors qu'on est dans une zone commerçante où trainent beaucoup de piétons, il roule sans ralentir en utilisant sa sonnette à volonté faisant dévier les piétons qui font les gros yeux mais qui ne disent mot. J'ai juste à me mettre sans son sillage, ensuite je le largue quand il ne me sert plus à rien. Je pensais que ce genre de gars était pressé, mais non, il s'arrête bien à tous les feux rouges. Ca ne lui pose aucun problème d'abuser de la sonnette... c'est un vieux con qui doit prendre du plaisir à faire chier les piétons.
Le problème du vélo en mini jupe.
Logiquement, pour faire du vélo, il faut être à l'aise. Il me semble qu'un pantalon est plus adapté pour pédaler.
Les gens font ce qu'ils veulent, donc si certaines personnes ont décidé de faire du vélo en jupe courte, je respecte leur choix, quoique je ne trouve cela ni intelligent ni décent. Quitte à faire du vélo en jupe courte, j'aimerais bien, si possible, que la cycliste en question ne soit pas en face de moi , parce que
1/ on a pas été présentés. N'ayant pas l'honneur de vous connaître, je pense qu'il est trop tôt pour que vous me montriez l'intérieur de vos cuisses et la couleur de vos dessous.
2/ je tiens à rester en vie, et je dois regarder la route même si vous roulez dans ma direction.
3/ dans l'improbabilité où vous seriez ma propre fille, je serai obligé de descendre pour vous gifler.
Donc, ne roulez dans ma direction, dans la mesure du possible. Merci de votre compréhension.
Je suis quand même surpris de voir que certaines écoles pratiquent des longueurs de jupe un peu limite.
Il existe une école dans le Kansai où la longueur est la plus courte de tout le Japon. Cela a pour conséquence d'attirer les pervers dans les trains circulant sur la ligne passant devant l'école en question. C'est devenu la ligne des pervers....
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