Bon, je crois que j’ai fait le tour des avenues dans tous les sens possibles et inimaginables. On peut dire que j’en ai eu pour mon argent. Mes pauvres chaussures de ville commencent à souffrir. Elles ne survivront sûrement pas à mon séjour ici.

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En sortant du quartier chinois, je remarque un jeune motard insolent, qui fait rugir bruyamment le moteur de sa bécane en attendant le feu vert. Tous les regards sont tournés vers lui à cause du bruit. Un policier en faction au carrefour semble ignorer le tapageur.

En France, il y aurait longtemps que le jeune sauvageon aurait attiré l’attention du policier. Ici, c’est différent, le policier est tourné vers une source de trouble bien plus dangereuse : un gaijin. En l’occurence, moi, assis, en train de chercher un mouchoir pour m’éponger le front. (Attention, c’est vraiment dangereux un gaijin armé d’un mouchoir en papier !! C’est écrit dans le manuel du policier japonais)

Le motard file en faisant vombrir son moteur, mais non, le policier semble toujours intéressé par ma présence. Il ne me lâche pas du regard. Soit il n’est pas capable de faire la différence avec les affreux que j’ai vus à Shibuya, soit il n’a jamais vu de gaijin de sa vie…
Anecdote sans suite.